Alpha

La fin de la saison estivale approche et il ne semblait pas évident qu'un film sorte de l'ordinaire au milieu des sorties du moment. Repoussé de plusieurs mois, Alpha est finalement sorti le 22 août sur nos écrans et ce film réalisé par Albert Hughes est la bonne surprise de cette fin d'été. 

Europe, il y a 20 000 ans. Keda est laissé pour mort après une chute par sa tribu mais sa volonté est telle qu'il décide de tenter de les retrouver. Durant son périple, il rencontre un loup avec qui il tisse une relation particulière. 

Bien entendu, Alpha n'est pas un film parfait comme en témoignent plusieurs images de synthèse qui laissent parfois à désirer. Néanmoins, Par ailleurs, même si les effets se font sentir, ils permettent d'accomplir des plans incroyables tel celui qui est comme coupé en deux dans la séquence du lac gelé. D'autre part, des paysages naturels ont été utilisés et, même si des effets semblent avoir été rajoutés, ils témoignent de la nature brute et encore très peu exploitée par l'homme. 

Le manque de vraisemblance dans les accoutrements des personnages peuvent faire tiquer le spectateur, notamment les chaussures qui paraissent anachroniques du fait de leur forte ressemblance avec des Rangers qui sont ici fabriqués à l'ancienne. La présence de fourrure et de cuir ne dupe personne et est le défaut principal du film.

A l'inverse, le point fort du film est cette relation entre Keda, plutôt bien joué par Kodi Smit-McPhee, et le loup ainsi que la manière dont Hughes a souhaité montrer la première domestication de l'ancêtre du chien. Ainsi, le lien de plus en plus important qui se crée entre les deux personnages donne lieu à des scènes qui font sourire ainsi qu'à des scènes beaucoup plus fortes et intenses du fait de l'amitié grandissante entre Keda et le loup.

 

La bande originale, même si elle ne sort pas tant que ça de l'ordinaire, contribue grandement à rendre les émotions plus fortes, que ce soit avec l'attaque au début du film ou avec la marche dans la neige à la fin. 

Le fait d'avoir utilisé un chien-loup en chair et en os pour incarner le loup Alpha permet de rendre le film plus crédible, et ce une nouvelle fois au niveau des émotions. Incarnant tantôt une certaine tendresse, tantôt une certaine brutalité, ce loup devient vite le personnage central sans pour autant parvenir à cacher son alter ego humain. Hughes met en avant les qualités de l'animal et signe avec ce film une sorte d'ode au loup, animal protecteur et fidèle qui impose le respect.  

Avec Alpha, Albert Hughes livre une histoire sincère et touchante. Bien qu'il ne soit pas exempt de défauts, ce film est une aventure à vivre sur grand écran pour la beauté de certains plans.