Anna
08/08/2019

Après l'échec de Valérian et la Cité des Mille Planètes, Luc Besson retrouve le chemin des salles obscures avec Anna, un thriller que le réalisateur présentait sur ses réseaux sociaux comme la rencontre entre Nikita et Léon. A défaut d'arriver à la hauteur de ses aînés, Anna n'en reste pas moins un film d'action correct. 

Anna Poliatova, vendeuse de matriochkas, reçoit un jour un client qui lui propose de devenir mannequin à Paris. Elle accepte l'offre mais ses nouveaux collaborateurs sont loin de se douter qu'Anna n'est pas la femme qu'elle prétend être. 

Un scénario qui promet d'être riche en rebondissements ? Hélas, le résultat n'est pas vraiment à la hauteur. En effet, si le film offre son lot de retournements de situation, ceux-ci sont tous convenus dès les premières minutes et on passe ensuite d'un retournement à l'autre sans jamais que le spectateur soit surpris tant le schéma est classique. 

Par ailleurs, l'alternance entre les séquences de flash-back et de temps présent cassent le rythme du film plus que tout autre chose. Une ou deux scènes en flash-back auraient amplement suffit tant les autres n'ont pas de réel intérêt du fait que le spectateur sait ce qu'il va se passer. Cela est d'autant plus vrai que les personnages sont à l'image du scénario, des personnages-types vus, revus et re-revus. 

Toutefois, les acteurs, notamment les actrices, s'en sortent plutôt bien. Les différentes facettes d'Anna sont bien interprétées par la mannequin Sasha Luss et Helen Mirren est sympathique en agent du KGB, les dialogues entre les deux actrices sont d'ailleurs parmi les plus intéressants et font sourire. Cillian Murphy et Luke Evans s'en tiennent quant à eux au strict minimum pour donner un semblant de crédibilité.

 

En parlant de cet aspect, et c'est là un élément qui aurait mérité d'être remis en question au moment de la production, on peut se demander pourquoi des personnages russes parlent en anglais alors que des personnages russes parlent russe au début du film. Bien qu'il s'agisse d'un détail, il peut tout de même faire sortir du film. 

Néanmoins, il faut laisser à Besson sa maîtrise en termes de mise en scène et de chorégraphie des scènes de combat. C'est là le point fort de Anna ; le film a le mérite de posséder des combats bien exécutés et filmés de manière à ce que le spectateur vive pleinement l'action sans pour autant avoir à subir une caméra à l'épaule qui s'agite dans tous les sens et un rendu illisible. 

Ainsi, malgré un certain manque d'originalité, Luc Besson n'est pas encore échec et mat. Son Anna un film d'action qui se laisse regarder sans pour autant susciter de réelles émotions. On en vient une nouvelle fois à regrette le Besson d'antan, qui savait faire plaisir aussi bien avec un antagoniste fascinant (Norman Stansfield dans Léon) qu'avec une touche de fantaisie et d'extravagance (Le Cinquième Élément).