Black Panther

Premier film Marvel de l'année 2018, Black Panther s'impose d'ores et déjà comme un incontournable. Ryan Coogler a réalisé l'un des meilleurs films de super-héros avec un casting de choc et un message fort.

A la mort de son père, le prince T'Challa devient le souverain du Wakanda, pays d'Afrique caché aux ressources technologiques impressionnantes.  Mais très vite, l'autorité de T'Challa est contestée et le roi doit faire face à des ennemis puissants qui menacent à la fois le Wakanda et le monde entier. 

On pourrait penser à tort que l'originalité n'a que peu de chances d'être présente dans un film de super-héros. Si James Gunn a réussi à le faire avec Les Gardiens de la Galaxie et sa suite, peu sont les réalisateurs qui ont marqué durablement le Marvel Cinematic Universe ces cinq dernières années. C'était sans compter sur Ryan Coogler qui offre avec Black Panther une définition même du film de super-héros : un héros mis à rude épreuve, un ennemi puissant avec une véritable profondeur, des allié(e)s courageux et donnant la petite touche d'humour sans oublier des scènes d'actions époustouflantes. 

Rien que le schéma narratif sort un peu des sentiers battus en proposant plusieurs retours en arrière qui permettent d'approfondir la personnalité des personnages et de mieux les comprendre. Par ailleurs, il y a de véritables prises de risque concernant le parcours et le destin de certains personnages et cela donne au film toute sa puissance. 

Visuellement, il y a des prouesses techniques qui vaudraient à elles seules un prix. Il y a notamment la séquence en Corée du Sud et cette scène d'anthologie dans le casino filmé en un plan. Le rendu est parfait et on remarque qu'au dehors de l'aspect impressionnant de la technique, la scène est mieux lisible et plus entraînante que lorsque la scène est composée de plusieurs plans. La course-poursuite qui suit est aussi un pur moment d'action, avec une musique étonnante mais qui ne dénote pas. A noter aussi que la bande originale est, pour le coup, très originale et offre des tonalités nouvelles qui font du bien par rapport à la musique habituelle du film de super-héros.

Néanmoins, le film n'est pas exempt de défauts. Si certains effets spéciaux sont réussis, le paysage dans l'autre monde ou les costumes qui se transforment par exemple, d'autres sont moins agréables pour les yeux comme ces rhinocéros dans l'affrontement final.

Par ailleurs, le film pâtit d'un élément propre aux films Marvel mais qui ici empêche d'atteindre la perfection totale : l'humour. Il est parfois utilisé à bon escient mais il est par moment mal placé, surtout lorsqu'il est présent dans les dialogues. L'ambiance de deux scènes est gâchée par cet humour et c'est bien dommage.

Bien entendu, tous les passages humoristiques ne sont pas mauvais. Les passages avec le personnage d'Ulysses Klaue, joué par l'excellent Andy Serkis, sont sympas même si le personnage l'est beaucoup moins, mais c'est pour ça qu'on l'adore. Par ailleurs, un moment lors de la course-poursuite en Corée du Sud fait bien rire avec les personnages d'Okoye et Nakia, deux personnages féminins forts brillamment interprétés par Danai Gurira et Lupita Nyong'o. 

Oui, la force de Black Panther  vient principalement de son casting qui met en avant la communauté noire et les femmes, quand on dit que Ryan Coogler est vraiment doué. Chadwick Boseman offre une très belle performance en tant que T'Challa/Black Panther, avec un personnage qui, pour une fois, est assez vulnérable. Face à lui, Michael B.Jordan joue très bien Killmonger, un méchant charismatique et qui a un discours logique, ce qui peut faire penser au Vautour (Michael Keaton) dans Spider-Man Homecoming. On notera aussi la présence de Laetitia Wright qui joue Shuri, personnage féminin fun et badass comme on aimerait en voir plus souvent. 

Black Panther est probablement l'un des meilleurs films de l'année par son visuel incroyable et son discours critique qui souligne les problèmes auxquels doit faire face la communauté noire et, plus largement, les populations "pauvres". Merci Ryan Coogler et n'oubliez pas : "Wakanda forever !"