Ça

Andrés Muschietti, le réalisateur de Mama, signe un très bon film avec Ça, une adaptation du roman Ça du maître de l'horreur Stephen King qui prend quelques libertés par rapport au livre mais parvient à retranscrire toute son horreur. Un film d'horreur brillant qui n'est tout de même pas exempt de défauts.

De mystérieuses disparitions d'enfants surviennent dans la petite ville de Derry, dans le Maine. Un groupe de jeunes ados, le club des ratés, mené par Bill Denbrough dont le frère a disparu, décide d'enquêter. Très vite, il découvre qu'une seule chose est à l'origine de ces disparitions : Ça.

 

Un long récit d'aventure, c'est surtout ce à quoi a droit le spectateur en allant voir ce film. On suit le parcours d'une bande de sept jeunes qui ne sont pas toujours considérés comme tel par leur entourage et qui ont chacun une petite chose qui fait qu'on ne peut que les apprécier. D'ailleurs, on apprécie beaucoup Richie (interprété par Finn Wolfhard), le raté un peu lourd avec ses blagues mais qui permet justement d'amener la dose de légèreté nécessaire pour que le récit ne s'enfonce pas dans quelque chose de trop sombre. Cette bande donne d'ailleurs quelques exemples à suivre dans la vie tel que le fait que c'est en étant ensemble que l'on peut faire de grandes choses et que même si on a l'impression que personne ne nous aime ou que nous sommes les plus malheureux, quelqu'un est toujours là pour nous tendre la main ou pour nous montrer qu'il y a pire encore comme situation. 

 

Mais la cruauté et l'horreur sont bien présentes dans Ça. Cela commence d'entrée de jeu avec la première scène où Georgie rencontre le maléfique Grippe-Sou (Pennywise), interprété brillamment par Bill Skarsgård qui lui insuffle tout le nécessaire pour le rendre à la fois effrayant, horrible et fascinant, prenant ainsi la relève de Tim Curry qui jouait le clown dans le téléfilm de 1990. Les scènes avec Grippe-Sou (qu'il soit transformé ou non) sont de bons moments où on est plongé dans l'action, sans toutefois faire de sursauts (et c'est bien dommage) même si les tentatives de jumpscares sont bien présentes, avec une  musique qui arrive d'un coup mais qui, cette fois, ne parvient pas à nous faire décoller du siège. 

 

Le travail sur le son et la musique est plutôt bien mais tend trop à faire monter la tension à certains moments et ne réussi pas vraiment à en provoquer, c'est là le principal défaut du film.

 

Il ne faut cependant pas confondre épouvante et horreur et ici, tout bien considéré, c'est de l'horreur pure, il n'y a qu'à voir la violence et la quantité de sang visible à l'écran pour s'en rendre compte, violence qui passe aussi par des actions moins extrêmes mais tout aussi rudes et crues, les sous-entendus sexuels du film le montrent car ils sont très compréhensibles et donnent une sensation de malaise ou de gêne qu'on ressent aussi dans le livre. 

 

On regrette tout de même quelques effets spéciaux un peu déroutant et qui ont du mal à paraître naturels dans cet univers fictifs, notamment lors du combat final avec des transformations de Grippe Sou ou simplement avec la bouche de ce dernier.

 

Le travail sur le cadrage, avec notamment des plans "penchés" (cadre débullé), est assez plaisant et permet de donner un dynamisme et de rendre la scène encore plus entraînante. Le choix de certaines musiques permet également de rendre le tout plus dynamique, notamment la reprise de Antisocial de Trust par Anthrax lors de la bataille de cailloux est un très bon moment, qu'on aimerait d'ailleurs voir durer un peu plus car il est très entraînant.

 

2h15 d'aventure horrifique parsemée d'humour et de quelques litres de sang, c'est ce que réserve Andrés Muschietti aux spectateurs avec Ça. Pour l'épouvante et les sursauts, on verra plus tard, en 2019 avec le chapitre 2 ? On l'espère en tout cas.