25ème Festival International du Film Fantastique de Gérardmer - Retour sur cinq jours de festival

Cette année se tenait la 25ème édition du Festival International du Film Fantastique de Gérardmer du 31 janvier au 04 février au cœur des Vosges. Une édition riche, avec ses plus et ses moins mais qui a su me régaler.

Mercredi 31 janvier - Jour 1

Cette année j'ai fait le festival du début à la fin. Une réservation six mois avant dans un hôtel à cinq minutes à pied de l'espace lac et j'étais sûre de partir tranquille si ma demande d'accréditation était validée. Ce fut le cas et me voilà donc en route le mercredi soir vers Gérardmer, ville fantastique pendant et après le festival. 

J'arrive aux alentours de 18h à Gérardmer après un trajet pluvieux sur les routes sinueuses qui mènent à la ville. Je vais récupérer mon accréditation à l'espace Tilleul et je suis un peu étonnée de voir que cette année on me remet seulement le dépliant avec les horaires des séances dans chaque cinéma. L'année dernière, j'avais eu en plus le catalogue du festival qui, même s'il ne coûte que 5€, est toujours un petit cadeau appréciable. 

Je pars ensuite m'installer dans ma chambre d'hôtel, revient en ville chercher mon casse-croûte puis direction le cinéma du Casino pour le film d'ouverture Le secret des Marrowbone. La pluie nous assaille et rentrer dans la salle est une véritable délivrance, heureusement que la pluie a vite laissée place à la neige, moins froide et plus agréable. 

Sortie du cinéma vers 22h et ce premier film lance mollement la compétition avec une histoire trop prévisible pour les spectateurs avertis. C'est donc avec une légère déception que je rentre à mon hôtel. 

Jeudi 01 février - Jour 2

La plus grosse journée du festival. J'ai vu en cette journée cinq films, trois de la compétition et deux projeté dans le cadre de l'hommage au réalisateur Álex de la Iglesia et autant vous dire que c'est bien à faire une journée mais pas plus sinon vous avez un mal de crâne tous les matins...

La journée commence à 11h à l'Espace lac avec la projection de The Lodgers, ce qui est pour moi l'occasion de revoir l'équipe qui encadre le jury jeunes et de discuter un peu mais aussi de voir un grand jury assez motivé. C'est aussi à cette séance que je découvre le trailer d'Atomic Panda VS Killer Coccinelles avec une bande son entraînante (Daughters of Darkness d'Halestorm) et la vidéo de Zombie en terre vosgienne 2 avec le zombie Rob. Deux vidéos qui sont devenues iconiques de cette 25ème édition. 

Verdict à la fin de la séance : deuxième film et deuxième déception du festival avec ce film qui a un goût de déjà-vu. Il me laisse tellement sur ma faim que je vais combler mon appétit en mangeant à mon hôtel avant d'enchaîner avec un film hors-compétition. 

A 14h, je suis dans la salle de cinéma du MCL afin de découvrir Mes Chers Voisins, une comédie déjantée qui joue avec les codes du suspense pour donner un film surprenant, fun et avec une vraie patte. Je ne vais pas le cacher plus longtemps : Álex de la Iglesia est en train de devenir un de mes réalisateurs préférés et j'espère pouvoir faire une rétrospective de ses films dans les semaines à venir. 

J'avais hésité pour Tragedy Girls mais un ami sur Twitter me l'a vivement conseillé et je dois dire que je n'ai pas été déçue. Séance à l'Espace Lac oblige, de nombreux applaudissements du public enthousiaste ont ponctué certaines scènes qui sont, je vous l'accorde, très trash mais aussi très savoureuses. Un très bon accueil pour le film de Tyler MacIntyre qui était d'ailleurs là  pour présenter le film.

Repas à la baraque près de l'Espace Lac puis attente pour l'avant-dernier film de la journée. Il s'agit de Mutafukaz qui est pour moi l'une des bonnes surprises du festival : un film d'animation pour adulte bourré de références et bien ancré dans le fantastique, pas besoin de chercher plus loin pourquoi il a reçu plusieurs prix. 

Je termine la journée avec la projection du Jour de la Bête d'Álex de la Iglesia au MCL. Même si le genre est différent, on est pleinement dans du fantastique, on reconnait le style d'Álex de la Iglesia dans ce film tout aussi décalé que Mes Chers Voisins. 

Une grosse journée qui se termine sur une note très positive et qui annonce de belles choses à venir. 

Vendredi 02 février - Jour 3

C'est une petite journée ce vendredi avec seulement deux films vus, un que j'ai beaucoup aimé et un auquel j'ai moyennement accroché. 

Je prends mon petit-déjeuner tranquillement à 9h30 à l'hôtel et je discute un peu du festival avec celles qui tiennent l'hôtel. On s'accord pour dire que les dernières éditions sont un peu moins dynamiques et enthousiasmantes qu'il y a quelques années et qu'il manque un peu de spécialistes du genre dans le grand jury. 

Je profite de la matinée pour commencer à écrire des critiques et à noter les films que j'ai vu selon plusieurs critères dans un carnet. 

A midi, je me rends en ville pour retrouver une amie qui découvre le festival pour la première fois et reste le vendredi et le samedi. Nous mangeons ensemble le midi (vous remarquerez que pendant ce festival, on mange, on regarde un film, on mange...) puis nous allons attendre pour Les bonnes manières au MCL. Ce film, qui a reçu deux prix lors de la cérémonie de clôture, m'a marqué à cause de ses incohérences intolérables. Même si c'est un film fantastique, il y a des limites. Un film pour lequel j'ai du mal à comprendre l'enthousiasme des jurys. 

Nous allons ensuite nous balader dans la ville et lorsque nous arrivons près de l'espace Tilleul en face du Grand Hôtel, nous sommes abordés par l'animateur de radio fantastic'art et son acolyte photographe. J'accepte de répondre en direct aux questions puis nous discutons un peu avec eux, ce qui nous permet d'apprendre certaines anecdotes sur le festival. Après cette rencontre, nous allons à l'espace Tilleul, qui semble bien vide par rapport aux années précédentes avec l'absence de l'école de maquillage mais qui regorge de très belles choses comme des t-shirts à l'effigie des grands films d'horreurs, des auteurs et leurs œuvres ainsi que des DVD et Blu-Ray allant du nanar au grand film fantastique. Je profite de ce passage à l'espace Tilleul pour acheter le catalogue de cette 25ème édition. 

Nous décidons ensuite d'aller faire un tour au bord du lac. Nous prenons chacune notre voiture et je guide mon amie jusqu'à l'Espace Lac. Nous nous garons sur un parking à proximité et c'est parti pour un petit tour sur les bords du lac, l'occasion de faire quelques photos avec la nuit qui tombe. 

Vers 18h30, nous nous séparons et je vais attendre pour l'une de mes grosses attentes du festival : Revenge de Coralie Fargeat. La réalisatrice était d'ailleurs accompagnée de Matilda Luz, l'actrice principale, pour présenter le film. Véritable film de genre, gore à souhait et très agréable à visionner malgré une grosse erreur, je m'étonne encore aujourd'hui qu'il n'ait reçu aucun prix (ce qui ne va pas aider pour sa sortie en salles...). A la fin de la séance, j'ai pu échanger quelques mots avec Coralie Fargeat qui a accepté de faire une dédicace dans mon catalogue. D'ailleurs Coralie, si vous me lisez, sachez que vous avez mon prix coup de cœur. 

En sortant, je prends mon repas à la baraque près de l'espace lac puis je rentre à l'hôtel.

Samedi 03 février - Jour 4

Journée normale avec au programme trois films. Je retrouve mon ami de la veille pour une mise en bouche avec Les Affamés de Robin Aubert, un film de zombie efficace et original. 

Nous allons ensuite en ville pour manger puis nous allons attendre devant le MCL dans la file sans réservation pour le film le plus touchant de la compétition Chasseuse de Géants. Une bonne surprise pour mon amie et moi qui n'attendions pas grand-chose de ce film. 

Nous allons ensuite à l'école de musique pour un quiz musical suivi d'un goûter. Une activité très sympathique qui permet de souffler entre deux séances et qui permet de passer un bon moment en écoutant de grands morceaux de films fantastiques. Nous avons fini dans le top 3, ce qui nous a permis de gagner un sac rempli de petits cadeaux aux couleurs du festival (bon, si le t-shirt pouvait être suit de l'année passée et non celui d'il y a deux ans ce serait mieux mais bon). 

Nous retrouvons par la suite une autre de mes amies avec qui nous allons boire un coup à l'espace détente du MCL, coin très agréable pour manger ou boire avant d'aller à une séance. Nous laissons ensuite mon amie de la veille pour sa séance à 18h30 puis allons vers l'Espace Lac. Un problème de voiture et nous voilà à deux dans ma voiture pour aller jusqu'à l'Espace Lac, en espérant que mon amie pourra entrer dans la salle ce soir mais les chances sont minces et elle aura finalement attendu en vain. En arrivant, nous prenons un casse-croûte à la baraque près de l'Espace Lac mais avant de manger, je retourne à ma voiture rapidement et revient tout aussi rapidement dans la longue queue "avec réservation". Pourquoi je suis retournée à ma voiture ? Parce que tous les dispositifs d'enregistrements étaient bannis ce soir là et les batteries des appareils photos devaient être ôtées des appareils. Je n'avais pas envie d'enlever la batterie  et j'ai préféré aller mettre mon appareil dans la voiture. 

Je m'installe tout devant à gauche, sur une rangée de quatre sièges qui plaira aux amateurs de sensations car la lignée étant un peu déglinguée, vous avez droit à des sièges qui bougent un peu comme dans un cinéma 4D lorsqu'une personne de la rangée bouge. Je croise les doigts pour mon amie qui attend dans la file "sans réservations" en vain. Ce monde s'explique par le fait que c'est ce soir qu'est rendu l'hommage à Álex de la Iglesia suivi de la projection de ma deuxième grosse attente du festival Ghostland, en présence de Pascal Laugier et de l'actrice Emilia Jones. 

Avant le début de l'hommage, je vais voir Álex de la Iglesia qui vient d'arriver et obtient mon autographe au tout dernier moment (muchas gratias por el autografo señor !). Un bel hommage et un beau discours de ce réalisateur qui a fait de tout et semble avoir réussi à faire de tout. 

C'est ensuite au tour de Pascal Laugier et d'Emilia Jones de monter sur scène pour présenter Ghostland devant une salle comble dont l'impatience se fait sentir. Grosse ambiance avec le logo du festival et le fameux cri de la sorcière mais une séance que je n'ai pas pu savourer entièrement à cause du détecteur d'objets enregistreurs et le chef de la sécurité qui faisait des allers-retours dans l'avant de la salle. Ghostland est un film très tordu d'une grande maîtrise mais il faut du temps pour le digérer. C'est sur ce film très dérangeant que se termine ma soirée pendant que certains festivaliers continuent avec le film Cold Skin puis la Nuit décalée ou, pour les VIP se rendent à une soirée pour fêter ce 25ème anniversaire.

Dimanche 04 février - Jour 5

Dernier jour de festival, toujours un petit pincement au cœur quand on se dit que c'est la fin et qu'il va falloir attendre un an avant de revivre des moments fantastiques et horrifiques dans une ambiance qu'on ne retrouve nulle part ailleurs. 

A 11h, c'est la projection du dernier film de la compétition, Housewife, présenté par l'actrice principale Clémentine Poidatz et l'un des producteurs, qui a fait la fête toute la nuit et dont on retiendra la phrase : "Nous sommes très heureux de vous présenter ce film ce soir." Clémentine le corrige : "ce matin." Applaudissements et rires dans l'assistance puis le film commence. 

Après la séance, impossible de ne pas avoir du dégoût pour la séquence finale du film, qui part en gore sans raison valable. Un film spécial qui ne m'a pas beaucoup plu. Cela ne m'empêche pas de manger à la baraque près de l'Espace Lac avant d'aller attendre pour la projection de Le Labyrinthe : Le remède mortel, un très bon troisième volet qui clôt parfaitement la saga. 

16h30 : fin de la séance, je vais dans la voiture pour être un peu au chaud et à 17h je me décide à aller attendre devant l'Espace Lac dans la file "sans réservation" pour la cérémonie de clôture suivi de la projection du film de clôture Winchester, le film le plus flippant de ceux que j'ai vu. C'est parti pour une attente de presque deux heures avec quelques flocons qui tombent doucement. Je discute avec un autre festivalier en attendant l'ouverture des portes. 

18h55 : trente personnes peuvent entrer dans la salle et je suis dans les premières, je réussi même à avoir une place près de la scène, juste devant la rangée du jury jeunes. Quelques personnes entrent encore, le grand jury arrive aussi. La cérémonie peut commencer. 

Après des discours contenant encore plus ou moins certaines piques envers le président du jury Mathieu Kassovitz, qui s'est d'ailleurs excusé pour ce qu'il avait dit et reconnaît la valeur du festival de Gérardmer, est venu le temps de la remise de prix. 

Le premier prix à être remis est celui du meilleur court-métrage. Il a été attribué à Rémy Barbe pour son film Et le Diable rit avec moi. C'est ensuite au tour de la présidente du jury jeunes d'annoncer quel long-métrage a emporté ce jury et c'est sans grande surprise (pour moi en tout cas) que le prix du jury jeunes est remis à Mutafukaz de Guillaume Renard. 

Deux prix pour un film, c'est ce qu'il s'est passé dans les minutes qui ont suivi avec le début du sacre de Ghostland dans un premier temps avec le prix du jury SYFY puis avec le prix du public. 

Le jury de la critique, présidé par l'excellent et inimitable Philippe Rouyer, a choisi de donner son prix au film Les bonnes manières de Juliana Rojas et Marco Dutra. 

C'est ensuite au tour du grand jury de monter sur scène pour décerner non pas trois mais quatre prix car le prix du jury a été décerné à deux films. Mathieu Kassovitz et les autres membres du jury ont accordé à Mutafukaz le prix de la meilleure musique, deuxième prix de la soirée donc pour ce film d'animation savoureux. Le prix du jury ax-equo a été remis au film de Robin Aubert Les Affamés et aux Bonnes manières. Enfin, le moment que nous attendons tous, le Grand prix de cette 25ème édition du Festival International du Film Fantastique de Gérardmer (petite dédicace à Fido, le présentateur, qui répétait "25ème édition du Festival International du Film Fantastique de Gérardmer à quasiment chaque début de séance). Ghostland reçoit ce prix prestigieux sous les applaudissements très nourris du public. Un carton plein pour le film de Pascal Laugier qui devrait sortir courant avril. 

 

 

 

 

 

Une petite photo de famille et puis c'est l'heure de ma dernière séance avec la projection de Winchester, un film de fantômes simple mais efficace. C'est donc avec ce film que je termine ma journée. Le lendemain, je reprendrai la route pour rentrer chez moi mais pas trop tôt même si des journalistes sont partis de l'hôtel à cinq heures du matin en faisant plein de bruit...

Tyles MacIntyre sur scène

Guillaume "Run" Renard était présent pour parler de Mutafukaz

Coralie Fargeat et Matilda Luz sur scène pour présenter Revenge

L'équipe de Housewife

Ci-dessus, quelques photos de la clôture 

Fido présente le film de clôture Winchester 

Une édition bien remplie durant laquelle on a pu avoir un bon aperçu de la capacité des Français à faire du cinéma de genre même si c'est difficile pour certains d'avoir de la visibilité, ce que les réalisateurs/trices et acteurs/trices français(es) présents n'ont pas oublier de faire remarquer.

Sur ces cinq jours, j''ai pu voir quatorze films, échanger avec des festivaliers et des réalisateurs même brièvement, passer un bon moment dans les rues de Gérardmer et savourer cette ambiance si particulière. Allez, on se donne rendez-vous du 30 janvier au 03 février 2019 pour la prochaine édition !