Festival du Cinéma Américain de Deauville - Retour sur 10 jours de festivités

C'est du 1er au 10 septembre que se tenait la 43ème édition du Festival du Cinéma Américain de Deauville. Au programme : avant-premières, projections de documentaires, conférences de presse, hommages, table ronde, photocalls et, surtout, la compétition qui regroupait 14 films. La joie et la déception ont été au cœur de ce festival : joie de découvrir des films, d'échanger avec des passionnés et de faire quelques photos et déception non pas tellement de la part des films mais de l'organisation du festival en général (j'y reviendrai plus tard). Voici donc, en bref, le récit de mes aventures à Deauville

Vendredi 1er septembre

Jour-J, c'est le grand départ pour Deauville ! Le train censé partir à 8h16 de Nancy a un retard de 40 min, autant vous dire que le voyage commençait bien...Mais j'ai fini par avoir mon train et ça y est, j'étais en route pour l'une des villes cinématographiques de France. Arrivée à Paris vers 10h30, je prends le taxi pour me rendre à la gare Saint-Lazare, où ma correspondance pour Deauville est à 11h43. Après une heure et demie de trajet, me voilà arrivée et on sent déjà que l'attente et l'excitation à propos du festival sont là, la tension monte, j'aperçois quelques personnes tenant des fiches avec des noms de personnes invités au festival en tant que membre d'un des jurys ou comme simple invité. 

 

Après m'être trompée de chemin, je finis par trouver mon studio situé au cœur de Deauville, place Morny, qui va être mon petit chez-moi durant le festival. Je m'installe et me rend au C.I.D, où se trouve le principal lieu de projection, l'auditorium Michel-d'Ornano, pour récupérer mon accréditation, en me trompant de chemin bien sûr, sinon ce ne serait pas marrant. Avec mon accréditation, je récupère le sac du parfait festivalier (catalogue, éventail, petites fiches de pub des sponsors...), il ne manque plus que quelques jetons pour aller jouer au casino !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je ne suis pas allée à la cérémonie d'ouverture, j'ai préféré me garder la soirée du vendredi pour me reposer et terminer la préparation de mon planning, qui, soit dit en passant, a subi quelques changements de dernières minutes. 

 

Samedi 2 septembre

 

Après le coup d'envoi hier soir, les choses sérieuses commencent ce matin avec le premier film de la compétition projeté à 10h30 au C.I.D. Il s'agit de Beach Rats, le deuxième long-métrage d'Eliza Hittman. Je fais la connaissance d'une dame venant des alentours de Strasbourg, que j'ai croisé à plusieurs reprises lors du festival et avec qui j'ai discuté de tout. Nous sommes restées ensemble la matinée et le temps de midi. Nous entrons dans la salle et, bien installée dans mon siège, je regarde les membres des jurys arriver. Je ne ferai que les voir ou les apercevoir d'ailleurs durant ce festival car les possibilités de les approcher sont minimes à cause du temps court de leur présence et des gardes du corps. C'est bien dommage qu'il n'y ait pas un temps d'échange entre les membres des jurys et les festivaliers lors d'une conférence. Mais bon, revenons à nos moutons. Ce premier film de la compétition ne marque pas vraiment les esprits et signe un début de festival un peu mou. 

 

Après un repas copieux au Bar du soleil, un restaurant de la firme Barrière situé sur la plage à quelques mètres de l'entrée du C.I.D, je vais attendre dans la file pour le deuxième film de la compétition, Mary, réalisé par Marc Webb. Comédie avec quelques soupçons de drame, ce film emporte le public et on se doute que c'est lui qui va recevoir le prix du public même sans avoir vu les autres films. 

 

Perdue comme toujours, je ne trouve pas l'endroit où se déroule la conférence de presse de Mary (j'ai regardé un plan le soir pour voir où se trouvent les terrasses du C.I.D afin de ne pas me perdre une nouvelle fois et de rater d'autres conférences) et je décide d'enchaîner avec ce film oubliable qu'est 47 meters down

 

Le soir, je devais à l'origine me rendre à la séance de Good Time au cinéma du Casino mais en passant sur la plage, je tombe sur le tournage de quelques séquences de l'émission Catherine et Liliane. Je reste donc pour observer ce tournage et voir Alex Lutz en galère lorsqu'il s'agit de marcher avec des chaussures pointues et à talons. 

 

 

L'équipe de tournage et les acteurs Alex Lutz et Bruno Sanches

 

Vers 20h, je pars en quête d'un restaurant et en trouve un dans la rue qui remonte vers la place Morny. Après ce repas, je retourner à l'appartement et m'installe sur le canapé-lit pour faire le débriefing de la journée et noter les films vus aujourd'hui en associant également quelques commentaires à ces notes. 

 

Dimanche 3 septembre

 

Journée chargée aujourd'hui car ce soir est une soirée spéciale, j'ai pris le pass soirée brasserie chic (120€) qui me donne accès à la soirée d'hommage de Jeff Goldblum, à la projection qui suit cet hommage et à un dîner à la brasserie Le Drakkar. Quelle déception lorsque j'ai vu que ce pass n'offrait que ça et que ceux qui avaient acheté le pass n'étaient même pas ensemble à la brasserie. Cela aurait été plus convivial et, au vu du prix du pass, on se dit qu'on paye en partie pour les invités du festival...Mais ce fût tout de même une bonne journée.

 

Á 10h30, visionnage du troisième film en compétition et pas des moindres : A Ghost Story, le chef-d'oeuvre du festival qui ne plait pas à tout le monde du fait de sa lenteur mais qui est une merveille pour les yeux. Je n'ai pas appréciée les applaudissements après le plan fixe de cinq minutes (j'ai chronométré au second visionnage la durée du plan) qui relève d'un manque de respect de la part du public, heureusement, nous sommes quand même quelques spectateurs à ne pas avoir apprécié cette attitude presque enfantine et je doute que le réalisateur David Lowery aurait apprécié s'il avait été présent. 

 

Repas sandwich le midi puis je vais à la conférence de presse de Jeff Goldblum sur laquelle je reviendrai en détail dans un article qui lui sera entièrement consacré. Souriant et très en forme, Goldblum se prête au jeu des questions réponses qui ne dure hélas que 20 petites minutes, la conférence ayant commencé en retard. Suite à cette conférence, je me rends sur la plage pour tenter de faire quelques photos de Jeff Goldblum inaugurant sa cabine sous un ciel pluvieux. 

 

Je rentre ensuite à mon studio pour me préparer pour le soir et, vers 18h20, je pars en direction du C.I.D pour récupérer mon billet numéroté pour le soir. J'attends ensuite à l'accès rouge (normalement je fais partie de la majeure partie des festivaliers qui passe par l'accès bleu) et discute avec un couple de Caen venu passer la soirée au festival. 

Arrivée dans la salle, une des membres du staff m'indique mon siège et je m'installe, placée à un bon endroit. Jeff Goldblum a eu droit à un bel hommage et a évoqué le rapport des français au cinéma sans oublier de chanter une chanson française particulière mais tout ceci sera raconté dans un article spécifique qui sera très prochainement disponible sur le blog. 

 

 

Jeff Goldblum pendant son hommage

 

Le film projeté à l'issue de cet hommage est une avant-première, celle de Kidnap, avec Halle Berry. Je l'avais vu en parler dans le Tonight show de Jimmy Fallon et je m'étais dit que ce film pouvait être pas mal. Toutefois, ce n'était pas le film auquel je m'attendais et il ne casse pas trois pattes à un canard. 

 

Vers 22h00, suite à la projection, je me rends donc au restaurant Le Drakkar, très bon restaurant à cinq minutes du C.I.D. Il y a un menu spécial pour ceux qui ont acheté le pass brasserie et on ne sait que choisir tellement tout semble appétissant. Je fais mon choix et ce repas était savoureux, il ne manquait plus que d'être ensemble, entre festivaliers ayant acheté le pass, pour que la soirée soit parfaite...

Je repars ensuite vers mon studio pour me reposer avant d'attaquer la semaine avec entrain.

 

Lundi 4 septembre

 

Pas de réveil trop tôt ce matin, la séance est à 11h30, ce qui me laisse le temps pour écrire sur les événements et films de la veille. Je pars quand même vers 10h15 afin d'arriver environ une heure avant le début de la projection. Le film de ce matin s'appelle They, il est assez lent et part un peu dans tous les sens tout en ayant quelques bonnes idées dans la mise en scène. 

 

Le temps de midi, je profite du soleil pour aller un peu sur la plage entre deux séances. A 15h, retour en salle au C.I.D pour découvrir The Rider, qui est l'un des plus beaux films de la compétition et dont le sujet est assez original. 

 

Après le film, je retourne sur la plage et j'ai bien fait de profiter du beau temps du début de semaine vu que les nuages et la pluie ne nous ont pas quitté sur la fin du festival. A 18h30, c'est au cinéma du Casino que je me rends pour rattraper le film Ingrid Goes West que j'ai bien aimé et qui mérite d'être vu pour son message. 

 

Je comptais aller voir The Yellow Birds mais le temps est trop juste entre les deux séances et je retourne donc à mon studio pour passer la soirée devant Armageddon, que j'ai découvert pour la première fois et qui est rentré dans mon top 5 des films préférés. 

 

Mardi 5 septembre

 

Nous arrivons à la moitié de la compétition avec la projection du septième film en compétition ce matin à 11h. Il s'agit de mon premier coup de cœur du festival, Gook, un film dur qui m'a touché par son histoire et ses acteurs. 

 

Un bon hot-dog en guise de repas le midi et c'est parti pour une heure et demie d'attente pour espérer avoir une place pour la séance étoile du soir, accessible uniquement avec un billet numéroté ou dernière minute. Il y a quatre files d'attente : une pour les pass festival, une pour les accrédités (presse et professionnels), une pour les pass journée et une pour ceux qui n'ont rien, dans l'ordre pré-cité, or les accrédités devraient être avant les pass festivals mais bon, ce n'est que mon avis. Les files se remplissent petit à petit, surtout celle des pass festivals. Á 14h, l'heure de la distribution, il n'y a toujours personne pour donner les billets. Les vigiles sont là, à quelques pas des files d'attente et quelques personnes vont leur demander ce qu'il se passe mais ils ne sont au courant de rien. Certaines personnes leur en veulent mais il ne faut pas oublier qu'ils ne font que leur boulot et que eux aussi sont pris au dépourvu. La femme qui distribue les billets arrive enfin au bout de 25 minutes, sans un mot d'excuse, sympa non ? La distribution commence mais avec une lenteur et des gens qui font des réflexions mais il y a un film à 15h et on aimerait bien y assister donc pour les réclamations, envoyer une lettre ou un mail ou aller directement voir le staff à l'accueil. 

 

Billet numéroté en main, je fonce dans la file à l'entrée du C.I.D pour assister à la séance de 15h qui est celle de Brooklyn Yiddish, un des films que j'ai le moins apprécié parmi tous ceux que j'ai vu, films hors-compétition inclus. 

 

Après la séance, je repasse vite fait au studio pour me changer pour le soir et à 20h, je découvre le film The Wilde Wedding, comédie au casting cinq étoiles qui n'arrive pas à atteindre le point de très bon film et reste au stade de moyen/bon film. Après cette séance, retour au studio pour faire un débriefing de la journée et regarder le programme du lendemain. 

 

Mercredi 6 septembre

 

Grosse journée en perspective, avec un programme de quatre films et d'une conférence de presse qui se résumera à "seulement" trois films et la conférence de presse. 

 

La première projection de la journée, qui est une avant-première mondiale, est celle de Blueprint, une fiction aux aspects documentaires qui traite d'un sujet très sérieux aux Etats-Unis qui mériterait une reconnaissance et des actes pour que la situation s'améliore. Le discours de présentation du film par le réalisateur Daryl Wein et de l'acteur principal Jerod Haynes est fort en émotions et on sent toute la gravité du sujet. Je les ai félicité pour ce beau film à la fin de la projection et je les remercie encore ici pour le film et pour leurs dédicaces dans mon catalogue. 

 

Je prends mon repas au food-truck, dont les burgers sont excellents, et je vais attendre pour la conférence de presse de The Music of Silence qui doit avoir lieu à 14h mais, coup de théâtre, on nous apprend que l'équipe n'est pas encore arrivée et que la conférence de presse aura lieu le soir-même à 17h30 avec l'inauguration de la cabine sur les planches juste avant. Je vais faire un petit tour sur la plage, histoire de voir s'il y a du monde près des cabines et, au moment où j'informe un des membres du staff du changement d'horaire, l'autre membre du staff présent reçoit un appel qui confirme le changement d'horaire. Je trouve que les infos ne sont pas données très rapidement entre tous les membres du staff.

 

Pour patienter jusqu'à 15h, horaire à laquelle est projeté le dixième film de la compétition Sweet Virginia, que je ne comptais pas voir aujourd'hui mais ce changement d'horaire de la conférence de presse fait que je m'adapte (et j'ai bien fait), je vais sur la plage et rencontre une femme qui me demande ce qu'il se passe sur les planches. Je lui explique le changement de programme puis nous discutons cinéma et le temps file alors à une vitesse folle. A 14h40, je retourne vers le C.I.D pour voir le film, pas mon préféré de la compétition mais je dois dire que l'acteur Christopher Abbot est vraiment très bon et qu'il va sans doute avoir une belle carrière. 

 

Après le film, je me rends à la conférence de presse de The Music of Silence à laquelle sont présents les producteurs Andrea Irvolino, Monika Bacardi, l'acteur Antonio Banderas et le réalisateur Michael Radford. Après quelques photos, l'équipe nous parle du film grâce aux questions des spectateurs. Le temps presse et, malheureusement, l'équipe doit partir se préparer pour le passage sur le tapis rouge, ce qui fait qu'il n'y a pas eu de possibilité de dédicaces à l'issue de la conférence de presse. 

 

Repas sandwich ce soir, sur les planches. J'aperçois Pio Marmaï et Emmanuelle Bercot qui se promènent le long des planches. Je me rends ensuite au cinéma Morny Club pour découvrir le film hors-compétition Adorables Ennemies, une comédie avec un ton dramatique qui se laisse regarder et qui s'apprécie entre deux séances de films en compétition qui sont plutôt sombres et dramatiques. 

 

Retour au studio ensuite pour passer une bonne nuit de sommeil avant d'enchaîner avec une autre bonne journée. 

 

Jeudi 7 septembre

 

Petite séance à 11h au C.I.D avec le douzième film de la compétition, Stupid Things puis nouveau repas sur le pouce avant d'assister à la conférence de presse de Michelle Rodriguez mais, une nouvelle fois, on nous annonce qu'il y a un report et que la conférence de presse aura lieu le lendemain, que l'actrice ne sera là le soir que pour son hommage et qu'elle inaugurera sa cabine que le lendemain. Nouveau changement dans le programme donc et un peu d'agacement car les informations sur les reports et les horaires sont données difficilement par le staff, il y a quand même un petit problème au niveau de la communication dans ce festival. 

 

Je vais donc attendre dans la file pour le film de 15h, Katie says goodbye. A l'issue de la séance, je me rends au cinéma Morny club afin d'attendre pour assister à la projection de The Music of Silence. La pluie s'abat sur nous et nous nous réfugions sous la tente devant le cinéma au lieu d'attendre dans la file sous la pluie. Les spectateurs de la séance d'avant sortent et nous voyons parmi eux Vincent Lindon (qui avait déjà assisté aux séances au C.I.D la veille), qui nous adresse un petit sourire avant de partir en téléphonant vers le C.I.D. Ce n'est que dans la soirée que j'ai su qu'il faisait l'hommage de Michelle Rodriguez. Sinon, 18h, début de The Music of Silence et début d'un cauchemar pour nous, pauvres spectateurs obligés de subir des sous-titres comptant nombre d'erreurs de traduction et de fautes d'orthographe...Le pire dans tout ça, c'est que le film avait été projeté la veille au C.I.D, devant plus de personnes et des invités et les sous-titres étaient, bien entendu, les mêmes donc autant vous dire que ça ne donne pas une très bonne image du festival.

 

Ce soir, c'est dîner dans un restaurant près de la place Morny, à la pizzeria-crêperie La Morny si vous voulez tous savoir et vous savez quoi ? Eh bien c'est très bon et le cadre est sympa. Après quoi, je rentre au studio.

 

Vendredi 8 septembre

 

On sent déjà que la fin du festival approche, il y a de moins en moins d'agitation et, semble-t-il, de moins en moins de gens. 

 

Le premier film de la journée est The Bachelors, mon deuxième coup de cœur du festival. Kurt Voelker a réuni dans ce film l'émotion avec un travail de mise en scène qui vaut le détour et qui rend le film très bien. Je l'ai également félicité pour son film et j'ai réussi à avoir un petit autographe dans le catalogue, ce dont je le remercie encore ici. 

 

Repas au food-truck avec la femme que j'ai rencontré lors de mon premier jour de festival. Nous discutons un peu des films puis nous allons attendre pour avoir des billets pour la séance étoile du soir qui est l'une des plus attendues de ce festival, celle de Mother !  de Darren Aronofsky avec l'hommage à ce dernier juste avant la projection du film. La femme qui distribue les billets arrive à l'heure, il n'y a que des billets dernière minute mais c'est déjà ça. Aussitôt que j'ai mon billet en main, je fonce sur les terrasses du C.I.D en croisant les doigts pour que la conférence de presse de Mother ! démarre en retard (comme quoi, le retard ça peut avoir quelques avantages parfois). Je m'installe sur le côté et la conférence commence quelques minutes après. Echange long aujourd'hui, plus long que lors des autres conférences de presse, ce qui permet d'avoir un véritable échange avec le réalisateur. 

 

 

Darren Aronofsky pendant la conférence de presse

 

Je n'ai rien à faire jusqu'au soir et la pluie tombe à grosses gouttes sur Deauville donc pour une balade sur la plage, ce n'est pas l'idéal. J'en profite tout de même pour acheter quelques cartes postales et écrire à mes proches et amis. Je vais ensuite attendre à l'abri sous l'entrée du casino (j'ai bien dit sous l'entrée du casino et pas dans le casino, je n'ai même pas été joué une fois). Vers 17h, je vais acheter un sandwich pour ne pas avoir faim et je vais attendre vers 17h15 près de l'accès bleu. Même si la séance est à 20h, je veux être sûre d'avoir une place pour le soir, étant donné que seules des places dernières minutes ont été données et trois personnes attendent devant moi. C'est ainsi que nous avons attendu pendant deux heures et quart avant de pouvoir avancer jusqu'à la toile de tente près de l'entrée des dernières minutes. Á 19h57 (oui, c'est très précis), le staff laisse quelques uns des billets dernières minutes passer et, étant dans les premières, je fais partie des chanceux qui sont rentrés. Nous sommes installées en bas de la partie haute, ce qui nous permet de voir arriver tous les invités. Parmi les figures que j'ai reconnues, il y avait Joey Starr, Guillaume Gouix, Guillaume Galienne et Olivier Baroux ainsi que d'autres personnalités qu'il me semble avoir déjà vu quelque part. 

 

L'hommage commence, Darren Aronofsky est acclamé par le public. Sur scène, il nous met en garde et dit que notre seule chance de partir c'est maintenant, après le début du film, il sera trop tard et ce n'est pas tout à fait faux. En effet, une fois que l'on a vu Mother !, que l'on aime ou que l'on n'aime pas, il est impossible de ne pas y penser tellement ce film est incroyable et éprouvant. La critique de ce film arrivera très vite sur le blog et j'espère pouvoir y donner un avis tranché. En tout cas, personne n'est resté indifférent et à travers les applaudissements plutôt faibles à l'issue de la projection, on pouvait entendre quelques sifflets, les exclamations d'horreurs ayant étaient prononcées lors des dix dernières minutes et qui m'ont fait sourire car si le public est choqué par ça alors il ne faut pas qu'il vienne à Gérardmer lors du festival du film fantastique car nous le perdons dès qu'un personnage perd un peu de sang. Sans plus plaisanter, le public de Deauville a aussi fait preuve de manque de respect à cette séance et n'a pas pris en compte l'esthétique du film et tout le travail qu'il y a derrière avant de le critiquer. 

 

C'est énervée par le film que je décide d'aller me calmer en allant au cinéma du Casino voir les deux premiers épisodes de la série Mr Mercedes, adaptation d'un roman d'un des maîtres de l'horreur, monsieur Stephen King. On plonge dans l'univers de Stephen King et, malgré un premier épisode lent qui prend bien le temps de tout mettre en place, le second épisode passe la deuxième et accélère un peu le rythme jusqu'à une scène finale qui ne donne qu'une envie : connaître la suite ! Mr Mercedes est donc une série à suivre de près. 

 

1h du matin, il est temps de dormir car demain est une longue journée ! 

 

Samedi 9 septembre

 

Réveil vers 8h30, je ne vais pourtant pas aller voir de films aujourd'hui hormis le soir. La  raison ? Je vais attendre pour avoir un billet pour la cérémonie de clôture pendant plus de trois heures. Vers 10h30, je pars du studio pour aller en direction de la plage. Le temps est mitigé, un peu de soleil pour une grosse averse, voilà comment résumer la météo de cette journée. Je vais m'acheter un hot-dog vers 11h15 et à 11h45, je me décide à aller attendre près des files au lieu de rester sur la plage. 

 

Un groupe de trois personnes est déjà là, dans la file pass festival, bon, en vrai j'étais là avant tout le monde mais de toute façon, il n'y avait encore personne dans la file des accrédités, où je m'installe. L'attente commence, la pluie vient puis s'en va, laissant la place au soleil, qui cède la sienne aux nuages. Je discute un peu avec les autres personnes qui attendent. Il n'y a pas trop de monde, ce qui est assez étonnant quand même mais le temps a du faire que peu de personnes ont été motivées pour aller attendre pour avoir des places pour le soir. L'attente parait d'autant plus longue pour la plupart des gens car tous veulent aller voir Ça, personnellement, je le vois vendredi 15 en avant-première donc je ne compte pas aller le voir cet après-midi, sauf si ce sont des places numérotées qui nous sont données. La femme qui fait la distribution arrive et ce ne sont une nouvelle fois que des billets dernière minutes auxquels nous avons droit. 

 

Une fois mon billet en main, je retourne à mon studio pour me préparer et faire quelques courses histoire de préparer un sandwich pour le soir. Je mange mes sandwichs au studio, je n'ai pas envie de traîner un gros sac avec moi en plus de mon sac à main, du coup, repas du soir à 16h00, c'est ça aussi la vie en festival, c'est manger des sandwichs les trois quarts du temps et manger à des heures décalées. Bref, ce soir, c'est la clôture donc la robe est de rigueur (ça doit être la cinquième fois dans ma vie que je porte une robe, pas étonnant qu'il pleuvait à Deauville), je ne comprends pas d'ailleurs certaines personnes qui gardent leurs habits de la journée et qui n'ont pas une tenue habillée au moins pour cette soirée. 

 

16h30, me voilà de nouveau en train d'attendre, il y a déjà cinq personnes qui sont là. Nous nous prenons une averse et là, miracle, le soleil arrive, ce qui nous permet de sécher et de nous réchauffer un peu. Je discute avec trois personnes qui sont des habitués du festival et qui disent bien que le festival est sur une mauvaise pente, à la limite du déclin et qu'il est de moins en moins bien au fil des années. Au bout de deux heures, on nous fait aller sous la tente près de l'entrée des billets dernières minutes. L'heure tourne et on se dit qu'on ne rentrera pas mais, soulagement, les cinquante premiers peuvent rentrer pour la cérémonie, les autres peuvent encore attendre une heure s'ils veulent pour assister à la projection du film de clôture car plusieurs personnes quittent la salle à la pause après la cérémonie avant la projection.

 

Je suis encore dans la partie basse du haut de l'auditorium à droite, je ne vois donc pas vraiment arriver les invités mais je peux les apercevoir en train de s'installer. Avant la cérémonie, il y a l'hommage à Woody Harrelson en sa présence. C'est le président du jury, Michel Hazanavicius, qui lit l'hommage et, d'après ce qu'il s'est dit ce soir, on peut espérer voir un jour les noms Hazanavicius et Harrelson sur une même affiche, avouez que ça pourrait donner quelque chose de bien. 

 

Suite à l'hommage vient le moment tant attendu de la remise des prix et la victoire éclatante du film de David Lowery A Ghost StoryThe RiderMary et Brooklyn Yiddish ont eux aussi été récompensés. Un article complet sur la cérémonie sera mis en ligne dans quelques jours. 

Le jury au grand complet sur scène pour la remise des prix

 

La soirée s'est achevé avec la projection du film Le château de verre, dans lequel joue Woody Harrelson et qui peut rappeler à certains Captain Fantastic, primé par le public l'an dernier. Un bon film qui vaut surtout pour le jeu des acteurs. 

 

Le film terminé, je rentre au studio.

 

Dimanche 10 septembre

 

Dernier jour de festival (eh oui, ça continue encore après la clôture). Aujourd'hui, ce ne sont pas deux ni trois mais bien quatre films que je vais voir. Je commence tôt le matin avec la projection à 9h de Good Time que je n'avais pas eu l'occasion de voir au début du festival et je ne regrette pas de m'être levée de bonne heure. 

 

Je m'étais dit que je me laisserais du temps le midi mais la tentation de revoir A Ghost Story est trop forte et je vais attendre pour la séance de 11h. Il y a du monde et c'est dur de trouver une place. Sérieusement, le cinéma du Casino pourrait laisser de la lumière avant la séance, là on avance à tâtons, la lampe torche du téléphone activée en quête d'une place...il pourrait au moins y avoir des membres du staff dans la salle pour indiquer les places restantes...Autant vous dire que certains spectateurs se sont bien ennuyés et que les soupirs allaient bon train. Personnellement, cette deuxième séance était encore plus riche que la première et j'ai vu des éléments que je n'avais pas perçu lors du premier visionnage (notamment lors de la fameuse scène de la tarte). 

 

Le midi, je déjeune au resto à côté du C.I.D. Là encore, les produits sont de qualité, Deauville a vraiment de très bons cuisiniers. Puis je me rends au cinéma Morny club pour assister à la projection du seul film de la compétition que je n'ai pas vu, My Friend Dahmer, basé sur l'histoire de Jeffrey Dahmer, un tueur en série. Le film retrace son parcours avant son passage à l'acte et, même s'il est assez classique dans la mise en scène, il réserve quelques bons moments de tension et montre bien l'évolution du personnage, incarné avec brio par l'acteur Ross Lynch. 

 

Ayant remarqué que le Morny diffuserait The Rider à la place de Mary à 18h30, Mary étant projeté à 18h au C.I.D dans le cadre de la projection du film qui a reçu le prix du public, je passe un coup au studio pour me reposer avant d'attaquer le quatrième film de la journée. En attendant dans la file, j'entends des gens se plaindre car ils pensaient voir Mary mais ils sont obligés de repartir vers le C.I.D s'ils veulent le voir. Quand je vous dis qu'il y a un problème de communication. Enfin, j'ai revu The Rider et on ne peut que confirmer que le jury a fait un très bon choix en donnant à ce film la récompense suprême. 

 

Le générique de fin arrive et voilà, mon festival se termine. Je vais acheter de la pizza et je me fais une soirée télé devant Léon, envoûtée par le charme de Gay Oldman. Bon, du coup ça fait que j'ai vu cinq films mais je compte surtout ceux vus sur grand écran. 

 

Lundi 11 septembre

 

Je termine de faire ma valise et me voilà sur le chemin du retour avec des souvenirs plein la tête. Ce n'est pas le meilleur festival que j'ai fait, c'est même sans doute le moins bon sur les six auxquels j'ai participé. Il y a un gros manque d'ambiance et d'animations, ce qui en fait un festival assez froid et limite élitiste mais j'ai quand même passé de bons moments et vu de bons et d'excellents films.

 

 

En très bref, ce festival ça a été pour moi :

-22 films vus

-25 séances (22 films + 2 épisodes de série)

-2 épisodes de séries

-3 conférences de presse

-1 photocall sur les planches

-1 cérémonie

et, en bonus, beaucoup d'attente.

 

Voilà, les critiques des films vont arriver le plus rapidement possible, je ne les publierais peut-être pas toutes maintenant mais elles seront présentes à un moment ou à un autre sur le blog. Les conférences de presse, soirées d'hommage et de clôture seront racontées dans des articles qui vont eux aussi arriver très vite !