Dunkerque

Une plongée profonde et intense de l'Histoire, voilà ce qu'est le nouveau film de Christopher Nolan, Dunkerque. Mais à force de trop vouloir immerger le spectateur, celui-ci se retrouve submergé par cette oeuvre. 

 

Dunkerque, 1940 : des soldats français, canadiens, belges et britanniques sont acculés sur la plage de Dunkerque et attendent de l'aide pour les évacuer. 

 

Récit à points de vue multiples de l'opération Dynamo, Dunkerque est une reconstitution historique quasi-parfaite (on notera quelques maisons extrêmement modernes en arrière-plan au début du film) qui permet d'avoir un aperçu global sur cette évacuation.

 

Néanmoins, le fait d'être embarqué à bord d'un film qui ne contient que très peu de temps morts peu rapidement devenir épuisant et pénible à regarder. Certes, le film est fait de telle sorte que l'on ressente la guerre et les différentes sensations qui s'y rattachent avec la peur de se retrouver face à l'ennemi, de n'être jamais tranquille mais cela peut aussi nous faire sortir du film car trop épuisant pour les yeux. Dunkerque manque de ces moments plus calmes, avec un cadre et une action proches de la fixité même s'il faut remarquer que les plans de caméras embarquées (sur les avions notamment) sont impressionnants et nous donnent l'impression que l'on est aux côtés des personnages.

 

Ceux-ci sont par ailleurs très bien interprétés avec un casting mêlant des visages peu connus (Fionn Whitehead, Aneurin Barnard, Jack Lowden, James d'Arcy) à des visages plus familiers du grand public (Tom Hardy, Kenneth Brannagh, Mark Rylance, Cillian Murphy, Harry Styles). Cette multiplicité d'acteurs rend compte de la multiplicité des personnages et de leur point de vue sur la guerre, ce qui permet de montrer un ensemble concret de ce qu'il s'est passé : la peur pour soi, l'envie d'aider les autres même s'il faut se sacrifier, les traumatismes de la guerre...Ce n'est d'ailleurs pas un seul personnage qui est suivi mais plusieurs, permettant ainsi à l'histoire de montrer qu'il n'y a jamais qu'un seul héros au cœur d'un récit et même au cœur de l'Histoire. Le montage utilisé est intéressant car il permet de s'attacher pleinement à tous les points de vue sans que l'un prenne le pas sur l'autre, permettant ainsi au spectateur de ressentir différentes émotions. 

 

Ces émotions auraient d'ailleurs pu être plus fortes si la bande originale, signée par le compositeur Hans Zimmer, avait été plus adaptée durant certaines scènes, moins répétitive et moins centrée sur la thématique du temps qui passe. Ce manque de diversité musicale rend le film redondant. Toutefois, le travail sur le son est très réussi et nous donne vraiment l'impression d'être sur la plage et aux côtés des personnages. 

 

Avec Dunkerque, Nolan signe un film de guerre puissant et riche en émotions qui risque de noyer certains spectateurs avec son tourbillon d'images qui ne s'arrête jamais. Même la beauté de la photographie du film ne nous empêche pas d'être dépassé et épuisé par ce film, au point d'avoir l'impression que ce film n'en finit pas.