Escape Game

Festival International du Film Fantastique de Gérardmer 2019 - 03/01/2019

Alors que les escape games sont en vogue, le cinéma a décidé de s'emparer de ce phénomène, Escape Game (Escape Room en VO) d'Adam Robitel est déjà le troisième film à mettre en scène un groupe de personnes coincés dans des pièces qui doivent résoudre des énigmes pour espérer s'en sortir en l'espace de deux ans. Bien loin de Saw et plus proche de Cube, Escape Game est avant tout un film anecdotique. 

Six personnes qui ne se connaissent se retrouvent chez Minos, une entreprise innovante en matière de création d'escape games. Mais très vite, le jeu tourne au cauchemar lorsque les six personnes se rendent compte que le danger est bel et bien réel. 

Dès le début, Escape Game dévoile son jeu avec une scène d'introduction oppressante dont l'issue est décevante par la suite car le film suit des chemins tout tracés. Pas de scénario complexe, des personnages stéréotypés au plus haut point, il n'est pas bien compliqué d'estimer les chances de survie des personnages et une fin insatisfaisante font de ce film un divertissement correct mais sans plus. 

Si tout est très codifié, il y a heureusement quelques bonnes idées dans la mise en scène, elles sont rares et ce ne sont pas ces inserts insistantes sur les objets qui eux, à force d'être trop explicites, gâche le plaisir. Non, l'ingéniosité du film transparaît notamment dans la scène du bar, où les personnages sont dans un décor à l'envers et ce passage réserve quelques moments de tension bien amené.

 

Hormis cela, même s'il y a une certaine diversité bienvenue des escape rooms, à force ça devient redondant et peu intéressant. L'ennui est présent et c'est avec une grande difficulté que les différents retournements de situations parviennent à captiver de nouveau le spectateur en fin de parcours. 

D'ailleurs, c'est regrettable de voir que plusieurs films aujourd'hui joue sur la sérialité et lance, sans même savoir si le premier opus va marcher, des idées pour une suite. La fin rappelle Destination Finale mais en moins bien à cause de cette volonté à tous prix de lancer la production d'un second volet. 

Le film peut surprendre par son aspect relativement soft en matière de violence. Si cela peut en agacer certaines, il faut voir ce film comme un produit destiné à un public adolescent, qui a besoin de films un peu horrifiques sans pour autant que ceux-ci se résument à des massacres sanglants. De ce fait, les passages violents sont ici assez atténués mais c'est sans doute mieux car cela permet de se faire peur sans pour autant être traumatisé, tout au plus cela rend claustrophobe. 

A force de dévoiler trop d'indices, Adam Robitel, le maître du jeu, enfin, du film, finit par lasser le spectateur. Les adolescents tout comme les néophytes pourront se laisser séduire mais les connaisseurs ne se prendront pas au jeu.