Mercredi 27 janvier

A 14h, un chauffeur vient me chercher, c’est déjà le début du festival pour moi. Après une heure et demi de route, je retrouve les autres membres du jury jeunes et nos accompagnateurs à l’hôtel, qui deviendront vite des amis voire une deuxième famille pendant cinq jours. Découverte du planning, de la chambre et préparation petit à petit pour la cérémonie d’ouverture.

 

18h15 départ pour l’espace Lac où se déroule la cérémonie, la projection du premier film de la compétition et le repas d’ouverture. Tenue chic exigée ! La sensation est assez étrange, on entre dans un autre monde, on vit quelques temps dans la peau d’un ‘professionnel’ et on commence à sentir l’importance de notre rôle dans le festival.

Quoi de plus beau pour une cinéphile que de se retrouver dans le jury jeunes d’un festival de films de genre ? C’est une opportunité que j’ai eu la chance de saisir et qui m’a permis de vivre cinq jours exceptionnels, uniques et fantastiques ! Et commençons par le commencement. J’espère pouvoir vous faire (re)vivre le festival au travers de ces lignes et vous procurer un sentiment d’évasion pendant quelques instants. Bonne lecture !

La cérémonie commence, petit jingle bien sympathique un extrait de Blkkk skkkn head de Kanye West, projection de l’affiche de cette 23ème édition et arrivée du présentateur. Présentation par la suite des membres du jury de cette année et on enchaîne avec le  premier film de la compétition Frankenstein, présenté par son réalisateur, Bernard Rose. La projection commence, l’ambiance fantastique s’installe : cris, hurlement de loups, rire de sorcière et autres sons effrayants parcourent la salle. Le film est une bonne mise en bouche de ce qui nous attend tout au long de ce festival et ça promet du lourd, à noter que certains n’ont pas réussis à tenir durant cette première séance et sont sortis de la salle quelques minutes après que le film ait commencé. Âmes sensibles, restez éloignées !

 

21h45, nous sommes dans la salle où se déroule repas d’ouverture, entourés de diverses personnes du milieu, nous ne savons pas trop comment nous placer et hésitons à aller parler à certaines personnes plus ou moins connues. La soirée se termine aux alentours de 00h et nous repartons à l’hôtel mais nous n’avons nullement envie d’aller nous coucher. Débat sur le premier film de la compétition, discussion sur le programme et, surtout, recherche de notre « cri de guerre » que nous trouverons le lendemain matin et qui sera « Atchik, Atchik, Atchik, Jury Jeunes ! ». Nous nous mettons également d’accord sur la manière de juger les films : en accordant des notes sur huit critères. La nuit est bien avancée, il est temps pour nous de nous reposer afin d’être en forme pour le deuxième jour.

 

Jeudi 28 janvier

10h, après avoir pris le petit-déjeuner à l’hôtel, nous nous rendons à la MCL pour faire le briefing. On reparle du film de la veille puis on regarde le programme de la journée. On commence avec quelques photos au bord du lac puis nous nous rendons à l’espace Lac pour voir le deuxième film de la compétition Bone Tomahawk, un très bon film. Nous rentrons par une porte située sur le côté donnant directement dans la salle, un petit privilège accordé aux membres des jurys. Nous prenons place à notre rang et feuilletons un peu le livre officiel du festival pour en apprendre un peu plus sur les films et sur les membres du grand jury. Ces derniers arrivent à quelques minutes du début de la projection et on les regarde s’installer. La projection commence, l’ambiance est là.

 

13h20, nous sortons de la salle et nous rendons dans un petit resto au bas des pistes de ski où la neige est au rendez-vous. C’est le seul jour où nous avons mangé dans le même restaurant que les membres du grand jury et une occasion manquée pour aller leur parler. Nous ne parlons pas du film, notre rôle de jury nous en empêche. C’est là une des difficultés d’être jury : vous ne pouvez pas dire ce que vous pensez du film que vous venez de voir ! Nous mettons donc chacun des notes sur les critères établis puis nous rangeons nos carnets afin d’éviter que des yeux distraits (ou non) ne tombent sur nos notes.

 

L’après-midi nous nous rendons près du grand-hôtel, nous avons quartier libre jusqu’à 16h, heure à laquelle nous avons une interview au grand hôtel. Nous en profitons pour aller voir les expositions. Certains vont se faire maquiller et ressortent avec de belles blessures ! Je tiens à féliciter les maquilleuses de Make Up For Ever qui font un travail remarquable. Interview au grand hôtel, on nous pose des questions sur notre manière de juger les films, comment nous avons été sélectionnés puis on nous demande nos références fantastiques et c’est là qu’on voit nos goûts assez variés !

 

17h, de retour à l’espace Lac pour The Witch. Après la projection, nous allons voir l’exposition photo de « La fabrique chimérique » avant de voir le quatrième film, notre favori, Southbound.

 

21h40 repas puis nous rentrons à l’hôtel où nous pouvons enfin discuter des films, donner les points forts et les points faibles de chacun et commencer à effectuer un classement (très) provisoire. Nous discutons ensuite cinéma puis il est temps d’aller dormir.

 

Vendredi 29 janvier

Troisième jour. Briefing à 10h, où l’on donne nos notes pour chaque film puis on fait la moyenne. Préparation du programme du jour, je choisis d’aller voir un film d’héroïc-fantasy danoise, The Shamer, au cinéma Paradiso pendant que les autres membres du jury jeunes vont voir Mickaël Youn, présent à Gérardmer avec le réalisateur Yann Samuell pour Le Fantôme de Canterville. Je dois dire que même si je regrette ne pas avoir été sur la seule photo qui soit passée dans l’Est Républicain j’ai bien savouré mon film fantastique, qui changeait de l’horreur et du gore qu’on trouve dans les films en compétition, je le conseille à ceux qui aiment l’héroic-fantasy. Sinon on commence la journée avec The Devil’s Candy, un des meilleurs films de la compétition avec une excellente bande originale : amateurs de métal, vous ne serez pas déçus.

 

14h, je suis en salle pour The Shamer. A 16h je retrouve les autres membres du jury jeunes et à 17h on reprend la compétition avec February, un film assez étrange qui peut en laisser plus d’un perplexe.

Après la séance, on sort prendre l’air puis on rentre à nouveau pour assister à l’hommage à Alejandro Jodorowsky, encore merci au critique de Positif  Philippe Rouyer pour son discours. Je ne connaissais pas ce réalisateur et les quelques extraits de ces films qui ont été projetés m’ont donné envie de les découvrir.

 

On enchaîne avec le film britannique Howl où on trouve quelques bonnes idées mais qui passe plutôt comme un film de série B, très axé sur l’humour, or ce n’était pas ce qui était recherché par le réalisateur, Paul Hyett, qui prend ce film très au sérieux. Coup raté donc. 

On termine la journée en allant dans un petit resto italien où on discute un peu des films du jour. Retour à l’hôtel, débriefing avec les amis du jury jeunes et repos.

 

Samedi 30 janvier

Briefing à 9h00 aujourd’hui, il se fait rapidement étant donné que nous avons fait toutes nos remarques la veille entre membres. Direction l’espace Lac pour découvrir le film français de la compétition, Evolution, dont l’esthétique est sublime mais la lenteur dans le rythme empêche de plonger dans le film.

 

Après la séance, nous allons au cocktail des bénévoles qui est organisé dans une salle juste à côté du restaurant du grand hôtel. Le seul problème est que pour y accéder, il faut passer dans une allée où des jeunes du théâtre sont déguisés en personnages de films d’horreur tous plus effrayants et angoissants les uns que les autres. Nous rencontrons Jonathan Lambert, en plein tournage du reportage qui est passé au journal de TF1, qui nous accorde quelques instants pour des photos. Nous voyons également Dominique Pinon, président du jury court-métrage, puis nous allons manger.

 

L’après-midi, nous décidons d’aller voir la compétition des courts-métrages. Un peu avant la séance, nous attendons dehors les membres du jury court-métrages et attendons le président de ce jury. Nous faisons une photo rapide avec Dominique Pinon puis nous entrons dans la salle. Chaque court-métrage est très intéressant et Quenottes est pour moi celui qui fait le plus peur, il est même plus angoissant que certains longs-métrages en compétition !

 

En attendant la projection de Jeruzalem à 20h, nous allons au grand hôtel. On ne cesse de se retourner et de dire : « Oh tiens regardes, il y a Gilles (Marchand) là-bas » ou « Le maquillage de la Planète des Singes est très réussi ». Et puis vient un des meilleurs moments. Guillaume Gouix se trouve à un pas de moi, sur les fauteuils juste à côté. Je prends mon temps et dès qu’il ne parle plus je m’approche et lui demande une dédicace qu’il m’accorde volontiers…ainsi qu’une petite photo. Deux autres membres du jury jeunes font des photos et nous le remercions de nous avoir accordés ces quelques instants. Les autres membres du jury jeunes ont été voir un des acteurs du court-métrage Of Men and Mice et celui-ci a gardé contact avec nous.

 

Nous nous rendons ensuite au cinéma du casino pour visiter une cabine de projection. Nous y rencontrons le réalisateur Abel Ferry qui officie en tant que projectionniste avec une autre personne durant le festival. Ils nous montrent comment fonctionne une projection, comment les films arrivent jusqu’à la salle de projection, le délai pour projeter un film…Et puis nous discutons un peu avec Abel Ferry sur le métier de réalisateur et de scénariste, il nous donne quelques conseils puis il est déjà temps pour nous de partir.

 

19h30, en salle pour Jeruzalem qui est pour nous le pire film de la compétition et je cherche encore aujourd’hui comment le jury a pu lui attribuer un prix. Nous retournons au resto de la veille et parlons un peu des films et surtout du fait que le lendemain sera le dernier jour du festival. Retour à l’hôtel vers 00h, on fête notre dernière soirée.

 

Dimanche 31 janvier

Dernier jour de compétition, dernier jour de festival. Ces cinq jours ont passé si vite. Nous prenons notre temps, pas de briefing aujourd’hui. A 11h en salle à l’espace Lac pour le dernier film What we become, un film de zombie danois qui est à mon avis plutôt réussi même s’il peut avoir un goût de déjà vu pour les amateurs de Walking Dead.

 

13h repas puis délibération sur les dix films de la compétition. C’est l’heure du choix et il est difficile de départager certains films. Après un certain temps de réflexion, nous décidons du film qui mérite d’avoir le prix du jury jeunes. La présidente du jury écrit son discours, nous préparons ce que nous ferons puis nous nous rendons au grand hôtel.

 

Là, certains membres du jury jeunes donnent des interviews, d’autres partent faire un billard. Pour ma part, je suis restée dans les salons avec quelques autres membres du jury et nous avons discuté avec plusieurs personnes du milieu : la maquilleuse Karine Rzepka, le scénariste Yohan Labrousse et les réalisateurs du film Le Complexe de Frankenstein Alexandre Poncet et Gilles Penso (encore merci pour la dédicace Gilles !). Tous nous ont donné des petits conseils, nous avons discuté des films mais n’avons pas dit lequel avait le prix malgré leur insistance. C’était un moment très agréable et j’espère pouvoir revivre des expériences comme celle-ci à l’avenir.

 

19h, ça y est, dernière fois que nous sommes à l’espace Lac. La cérémonie de clôture commence avec le prix du meilleur court-métrage puis vient notre tour. Notre prix est salué par des applaudissements chaleureux de la part du public. Viennent ensuite les prix du jury Syfy, du public, de la critique, de la musique, du jury (enfin les prix ici) et le grand prix. La surprise se trouve au niveau des prix du jury, surtout pour l’un, Jeruzalem, qui ne mérite pas d’avoir sa place dans le palmarès, un silence a d’ailleurs parcouru l’assemblée avec cette annonce.

 

Pour rappel, voici le palmarès :

Grand Prix : Bone Tomahawk de S. Craig Zahler

Prix du jury ex-aequo : Evolution de Lucile Hadzihalilovic / Jeruzalem de Doron et Yoav Paz

Meilleure musique originale : The Devil’s Candy de Sean Byrne

Prix de la critique : Evolution de Lucile Hadzihalilovic

Prix du public : The Devil’s Candy de Sean Byrne

Prix du jury jeunes : Southbound de Radio Silence, Roxanne Benjamin, David Bruckner et Patrick Horvath

Prix du jury Syfy : The Witch de Robert Eggers

Grand prix du court-métrage: Quenottes de Pascal Thiebaux et Gil Pinheiro

 

Voilà, c’est ici que s’achève ce festival. Un dernier au revoir et je reprends la route. Des amitiés fortes se sont créées tout au long de ces cinq jours merveilleux. Ce fut une belle expérience et de très bons moments, j’espère que tout amateur de cinéma fantastique aura l’occasion de faire ce festival au moins une fois dans sa vie. Quant à moi, j’espère pouvoir revenir et plonger une nouvelle fois dans cet univers si particulier du cinéma fantastique.

23ème Festival International du Film Fantastique de Gérardmer - Cinq jours au cœur du festival