24ème Festival International du Film de Nancy - Jour 2

Bien que le Festival International du Film de Nancy a commencé vendredi 24 août, je n'y suis allée qu'à partir d'hier, en commençant doucement avec "seulement" trois films vus. 

18h30

Le film qui ouvre mon festival est Srbenka, un documentaire percutant qui suit un metteur en scène et sa troupe de comédiens travaillant sur l'adaptation de l'affaire Alexandra Zec, celle-ci étant une jeune fille d'origine serbe lynchée à Zagreb alors que la Croatie et la Serbie sont en conflit au début des années 1990. 

On suit la mise en place de la pièce, que ce soit avec les répétitions des comédiens ou avec les décors et accessoires qui se dévoilent au fur et à mesure que le film avance. Les plans sur le décor sont sombres, avec des fondus au noir et accompagnés par la voix-off d'un(e) des comédien(ne)s qui s'exprime sur l'impact que le conflit serbo-croate a eu sur lui/elle. La froideur et la tristesse sont perceptibles au cœur de ces passages, d'autant plus que la réalité est parfois associée à une sorte de désillusion avec notamment la scène où l'une des comédiennes raconte qu'elle a découvert qu'elle était Serbe et qu'un fondu au noir obscurcit l'écran qui, malgré le gris bleuté des accessoires, était déjà bien sombre. 

Ce documentaire témoigne de l'impact fort qu'a eu le conflit sur les esprits aussi bien Serbes que Croates. Nina, une jeune fille Serbe, incarne une partie du peuple de Serbie qui n'a pas voulu ce conflit. Elle est devenue une victime, subissant la haine d'enfants Croates qui acceptent un fait qui les surpasse et dont ils n'arrivent pas à prendre conscience dans une société où l'autre, en l'occurrence le Serbe, est vu comme un ennemi à abattre. 

Avec ce documentaire, le réalisateur Nebojša Slijepčević permet de mettre en avant le travail qu'il y a à effectuer pour que le conflit cesse, un travail difficile mais nécessaire qui implique de plonger dans sa conscience pour pouvoir ensuite discuter avec l'autre sans avoir en tête une envie de vengeance. 

Après ce premier film rude, il est temps d'aller écouter le discours de la cérémonie d'ouverture et de profiter du concert du soir, un peu de rock qui explose les tympans pour se détendre. 

21h15

Il est maintenant temps de passer au film projeté en plein air, sous un ciel très étoilé mais qui amène un peu trop de fraîcheur. 

Avant le long-métrage, un court-métrage est proposé et chaque soir le public est invité à voter pour les courts-métrages présentés afin d'élire le meilleur d'entre eux. Ce soir, c'est le court Tweet Tweet qui est montré et dans lequel la vie est associée à une corde sur laquelle on marche. Un oiseau accompagne une jeune fille qui devient femme. Les deux êtres restent ensemble et ce quel que soit les événements. 

Touchant, ce court-métrage exploite le thème de la vie d'une manière singulière et qui arrive à exprimer et susciter les différentes émotions dont l'être humain fait preuve. 

21h45

Le Guérisseur (Исцелител en version original - Secret Ingredient en anglais) de Gjorce Stavreski est une comédie dramatique qui joue néanmoins beaucoup sur le tableur de l'humour. 

Vele, travailleur dans une gare, n'a pas les moyens d'acheter des médicament pour son père atteint d'un cancer. Un jour, il trouve de la drogue dans un train et décide de la garder. Il fait un space cake à son père dont la santé s'améliore alors grandement. Toutefois, les criminels qui devaient récupérer la drogue veulent la récupérer. 

Si la réalisation ne paye pas de mine, l'histoire est entraînante et les personnages sont bien écrits. Chacun possède des caractéristiques propres et chacun est correctement exploité. Le réalisateur met surtout en place des duos : Vele et son ami de l'usine, Vele et son père et enfin le duo de méchants. Ces différents duos ont pour point commun d'être vecteur de l'humour chacun à leur manière : humour osé, humour léger et humour à cause de la stupidité. 

Néanmoins, le film possède aussi un aspect plus sombre avec notamment la menace qui pèse sur Vele du fait qu'il a volé la drogue aux criminels mais aussi avec le côté dramatique avec le passé familial qui refait surface dans la vie de Vele et de son père. 

Par ailleurs, le film critique indirectement certaines attitudes, notamment lorsque les personnes qui pensent que Vele est un guérisseur et qu'ils lui demandent de l'aide pour leur maladie ou celle de leurs proches, qui ne sont pas toujours des maladies... Ainsi, le réalisateur dresse un certain portrait de la société sans, pour autant que cela devienne le centre du film. 

Srbenka est un film correct et plaisant et même s'il n'est pas exceptionnel, il mérite largement le coup d’œil. 

23h30

Et c'est sur cette note que se termine cette première journée au festival International du Film de Nancy, un bon début de festival avec de belles découvertes en perspective.