24ème Festival International du Film de Nancy - Jour 4

Quatrième jour de festival et ce sont des formats courts qui ont rythmés cette journée avec le visionnage des Sélections Internationales 2, 3 et 4. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il y en avait pour tous les goûts ! 

14h15

Et on débute ce quatrième jour avec la sélection internationale deuxième du nom en salle Sadoul dans les locaux d'Image Est. 

 

 Deux courts-métrages sur les cinq présentés ici ont retenues mon attention : Late Afternoon, un film d'animation tendre dans lequel Emily, une femme âgée, plonge dans ses souvenirs et comprend petit à petit le présent. La finesse de l'animation et l'amour que l'on ressent tout au long du film au travers du personnage d'Emily nous emporte dans dix minutes de tendresse. 

L'autre court que j'ai apprécié est Jerry, film polonais dans lequel un thérapeute énergétique qui ne parvient plus à guérir ses patients rencontre un chien et un miracle se produit. Flirtant avec le fantastique, Jerry est avant tout une comédie qui a tendance à pencher vers la comédie noire avec une scène en particulier. Gênant peut-être mais surtout étrange, Jerry est un très bon court-métrage qui parvient à embarquer le spectateur dans un univers à la fois réaliste et décalé. 

Même si sa lenteur peut en rebuter certains, Lejla mérite aussi le coup d’œil pour sa réalisation soignée signée Stijn Bouma. En effet, chaque plan est composé minutieusement, permettant ainsi de mettre en évidence des contrastes et de donner des pistes quant à l'issue de l'histoire. 

Les deux autres courts ne m'ont pas vraiment convaincue. Étreintes est trop froid et terne pour y adhérer complètement malgré un scénario intéressant et Sirene manque de saveurs et d'originalité. 

16h

Seulement quinze minutes après la précédente séance, me voilà de retour dans une salle de projection, au Goethe-Institut cette fois-ci. Six courts-métrages sont présentés dans la Sélection International 3, dont un que j'ai déjà vu le premier soir, Tweet-Tweet et qui est mon gros coup de cœur. 

J'avais de grosses attentes sur Heyvan (Animal) dans lequel un homme décide de se déguiser en bélier pour traverser la frontière et je n'ai pas été (trop) déçue. Ici, même s'il est bien entendu question des frontières entre les pays, il est aussi question d'une thématique plus grande quant à la frontière entre l'humanité et l'animalité. Celle-ci est d'ailleurs incarné par le personnage principal qui se retire de la culture, marque de l'humanité, pour revenir à la nature. Si le film surprend peu, il n'empêche que c'est un court-métrage intelligent et bien pensé. 

Le court qui marque aussi parmi ces courts-métrages, c'est Je ne veux pas mourir, dont le titre est d'ailleurs plus énigmatique que ce qu'on pense en voyant le film tout simplement parce que ce sont deux phrases que l'on peut voir : "Je veux mourir" (ces trois mots sont écris en blanc) et "Je ne veux pas mourir" (les deux termes relatifs à la négation étant en gris). Je n'ai pas encore bien saisi le sens complet du titre mais cela viendra. Dans ce film se joue une tragédie dans une salle de spectacle où seule une enfant regarde directement ce qu'il se passe. Ancré dans les problématiques actuelles de l'immigration, le film pose un constat sur la situation et le regard caméra de l'enfant est clair. Pas besoin de mot, le regard suffit et on comprend que la prise de conscience risque malheureusement d'être longue et difficile. 

Travelogue Tel Aviv est un voyage dans la ville de Tel Aviv par le biais de dessins différents plus ou moins réussis dont certains, grossiers, ne seront pas sans susciter quelques critiques. Même si c'est un moyen de parler de diversité, le film peine à nous embarquer pleinement dans ce périple hétérogène. 

Les deux autres films sont corrects mais sans plus. Anna, dans lequel on suit une jeune femme Tchéco-slovaque qui se rend à New York pour y faire des études de cinéma, ce qui a bien entendu aider à me plonger dans le film. D'ailleurs, le film fait un clin d’œil aux réalisateurs tchèques Lubomír Beneš et Vladimír Jiránek, célèbres pour la série en stop-motion Pat et Mat que l'on aperçoit quelques secondes. Hormis, le côté "sympathique" avec cette étudiante qui s'intéresse au cinéma, le film est un peu lent et n'a pas tellement d'intérêt.

Into the Blue manque d'entrain et la sauce ne prend pas à cause de sa prévisibilité et de son manque de rigueur dans la suggestion des émotions, d'autant plus que l'on ne parvient pas à s'attacher aux personnages. 

Allez, c'est l'heure de faire une pause et je reviendrai toute à l'heure pour la dernière séance de la journée. 

21h

Après une petite discussion avec des bénévoles, me voilà dans une salle de l'IECA pour assister à la projection de la Sélection Internationale 4. Ici, trois courts se sont démarqués. 

Tout d'abord, Negative Space, qui, et cela aurait été bien de le rappeler avant la séance, a tout de même été nommé aux Oscars. Une valise est ici le lien entre un père et son fils, le premier ayant appris au second comment ranger une valise de manière à utiliser tout l'espace disponible. Sympathique, drôle et franchement bien fait, ce film est une perle d'animation en stop-motion. 

Open your eyes est une comédie dramatique venue d' Israël qui questionne également les préjugés au travers du regard sur l'autre. Ilana se rend dans une clinique ophtalmologique mais elle apprend que son médecin habituel est remplacé par un médecin arabe. Le titre a un double-sens, Ilana doit à la fois ouvrir les yeux pour que le médecin puisse regarder ses yeux et la soigner mais aussi qu'elle ouvre les yeux sur monde, même si cela nécessite un effort important. Une scène du film en témoigne et si le sujet ne semble pas attrayant, son traitement est intéressant. 

Le troisième court qui a retenu mon attention est Dieu existe, sinon d'où viennent les bébés , un film russe dont la réalisatrice, Guzel Sultanova, était présente en fin de projection. L'histoire est inspirée d'un fait réel et il s'agit de deux écolières acceptées dans l'organisation des pionniers en URSS dans les années 1990 qui découvrent que les adultes mentent sur l'origine des bébés. Par instants décalé, par d'autres amusants et enfin grave, le film est original dans sa réalisation. 

Kampung Tapir est un drame a du mal à embarquer le spectateur et qui se veut plus moralisateur qu'autre chose avec une histoire manquant de profondeur. 

Dimanche est un film d'animation très particulier qui plonge le spectateur dans un univers étrange et complètement décalé, un peu trop d'ailleurs et son caractère étrange peine à faire entrer pleinement le spectateur dans le film. 

Après leur conversation ils se quittèrent dans une étreinte est peu passionnant, sans inventivité et un peu cru tandis que L'ombre de la nuit, par son réalisme fort et sa noirceur a du mal à captiver. 

22h45 

Fin de ce quatrième jour, il est temps d'aller recharger les batteries pour les séances du lendemain.