24ème Festival International du Film de Nancy - Jour 6

Comme prévu, j'ai assisté en ce sixième jour de festival à la projection d'un film documentaire et d'un film de fiction, qui a des airs de documentaire. Retour sur ces deux films. 

16h30 

Projection au Conservatoire du film L'esprit des lieux réalisé par Stéphane Manchematin, présent pour introduire le film avant la projection, et Serge Steyer. Tourné dans les Vosges, un produit local en somme, ce long-métrage nous emmène à la découverte de Marc qui consacre son temps à la capture des différents sons produits par les êtres et les choses qui l'entourent, le son étant, si l'on peut dire, cet "esprit" que l'on retrouve dans tous les lieux dans lesquels nous allons même si nous pensons à tort que ces lieux sont silencieux. 

 

Le film immerge le spectateur dans un autre monde, à la découverte de sons tantôt étonnants, tantôt familiers, les discussions familiales retrouvées pouvant se substituer au quotidien de n'importe quelle famille.  Si le début emporte, le film tourne un peu en rond et offre finalement un panel restreint que l'on réécoute avec des variations parfois à peine audibles.  

L'esprit des lieux est un documentaire qui se laisse écouter et peut donner envie de faire preuve de plus d'attention au monde qui nous entoure au niveau sonore mais ne charme pas complètement. 

18h08

C'est à cette heure précise que la séance se termine et, le prochain film n'étant qu'à 21h15, je fonce pour attraper un bus qui part de la Place de la République à 18h15. Mission impossible ? Eh bien non, je l'ai fait, juste avant que la pluie n'arrive. Record battu ! Je profite du trajet pour repenser au film que je viens de voir et, pour passer le temps, je dessine vite fait le portrait d'un acteur (oui, toute ma vie tourne autour du cinéma). Mais trève de bavardage, revenons à nos moutons.

21h

De retour au Conservatoire, la séance "sous les étoiles" se déroulant dans l'auditorium à cause du temps incertain, je discute avant la séance avec une bénévole et un habitué du festival (Olivier) avec qui j'échange à propos de ce que je fait, le badge "presse" nourrissant une certaine curiosité, et nous parlons aussi du festival, des films présentés... Une vraie discussion de passionnée en quelque sorte.

21h30 

La séance commence avec un retard de 15 minutes avec le court-métrage Hambre. Décalée, cette comédie teintée d'humour gras est plaisante même si elle s'avère peu subtil. 

Le long-métrage du soir commence. Les hommes ne pleurent pas regroupent des personnes d'origines serbe, croate et bosniaque qui se retrouvent pour effectuer une thérapie en partageant leur expérience et point de vue sur le conflit bosniaque. 

Frôlant le documentaire, ce film offre une diversité de point de vue et opère une sorte de mise en perspective des événements vingt ans plus tard, avec notamment les questions du directeur de thérapie qui ont des allures de questions rhétoriques. 

Chaque personnage est caractérisé de part son origine et d'autre part de son vécu, chacun tentant d'affronter son passé pour parvenir à vivre le présent. L'interprétation magistrale des acteurs laisse sans voix et impose un certain respect car on sent qu'au travers de cette fiction se cachent des faits probablement réels. 

Les hommes ne pleurent pas est un film profondément humain qui, au contraire d'autres films, ne porte pas de jugements sur l'une ou l'autre des nationalités et porte ainsi l'attention sur le fait que ce sont avant tout des Hommes. 

23h30

Il est tard et il est temps de rentrer après cette journée courte mais intense. 

Toni Glamcevski (délégué général du festival) et Stéphane Manchematin
Stéphane Manchematin