24ème Festival International du Film de Nancy - Jour 8

Après une journée sans festival (un jour de repos étant de rigueur), me voilà de retour le vendredi pour assister à deux projections : la première concerne les films des étudiants de l'IECA (Institut Européen du Cinéma et de l'audiovisuel) et la seconde les courts-métrages de la sélection "Zizz". 

18h45 

Après avoir passé avec succès les embouteillages du centre-ville (merci à la rue Chanzy d'être désormais en double-sens), j'arrive à l'IECA. Trois films d'étudiants sont montrés ce soir, introduits par un de mes profs de cinéma (étonnant, on ne croise que des profs de cinéma...). 

Pas de critique pour ces films mais juste des avis. Le premier documentaire, Les jardins partagés, dévoile l'existence d'un jardin au cœur de la ville, un espace de verdure parmi le bétonnage à outrance. Le film questionne notre rapport à l'environnement et comment l'humain peut parvenir à faire coexister la nature avec les structures en béton. Une forme d'utopie qui pourrait se réaliser si chacun y met du sien. 

Silences d'enfances auraient pu trouver sa place parmi les courts-métrages en compétition, ayant selon moi une chance de remporter un prix même si le film possède quelques longueurs. La bande-originale renforce la puissance du film et emporte encore plus le spectateur dans cet univers (presque) tout en dessins. 

Le dernier court-métrage, Haraka, est un documentaire qui revient en particulier sur les événements survenus en début d'année et les mouvements sociaux qui ont eu lieu dans la ville. Là aussi, la bande-originale est superbe et donne tout de suite plus de relief à ce film. L'impact n'en est que plus grand et, comme une personne l'a souligné, ces étudiants sont parvenus à capter la réalité des faits, à en tirer les éléments clés. Un film qui devrait être largement diffusé mais qui risque de froisser les politiciens. 

21h 

Après une pause d'une heure, juste assez de temps pour se reposer les yeux et écouter le groupe du soir dans la cour de la Manufacture (groupe de hard-rock qui a notamment repris Blitzkrieg Bop des Ramones), me revoici dans la salle de projection de l'IECA pour assister à la séance de la sélection "Zizz". Celle-ci attire du monde, c'est d'ailleurs la première fois depuis le début du festival que je vois une salle aussi pleine !

La sélection "Zizz" regroupe des courts-métrages décalés. Hormis le court-métrage Julkita qui traite mal son sujet, qui part sur du grand n'importe quoi et est à la limité du vulgaire, j'ai apprécié cette sélection. 

Belle à croquer, qui était présenté au Festival International du Film Fantastique de Gérardmer en début d'année, est une comédie horrifique absurde où Mme Carotte, végétarienne, qui invite à dîner son voisin, M. Mongoût,  qui ne mange que de la viande. La folie fait son petit effet et nous embarque dans cette histoire originale bien que le côté très coloré, flashy, peut rebuter.  

Digger, film japonais qui montre des travailleurs qui ont une manière particulière de se détendre après le travail. Comme son titre l'indique, on suit l'un de ceux qui creuse, ni plus, ni moins. Si les dix premières minutes sont assez prenantes, le film perd vite de son intérêt et ne propose rien de neuf. 

Artem Silendi est mon favori parmi les films de cette sélection. Un sujet simple (un repas dans un couvent) avec un traitement original et sympathique. Huit minutes de pur plaisir qui apportent le sourire. 

Lait. Ce film russe est assez étrange car on se retrouve chez une famille dont on ne sait rien et dont on ne saura à la finale que peu de chose, difficile d'analyser clairement les différences entre les personnages. Une vache apparaît dans la cuisine de l'appartement de cette famille et le mystère reste entier même après le générique. Très particulier, Lait laisse un goût d'inachevé et on se questionne sur la finalité du projet car, hormis un passé dont on trouve encore les traces aujourd'hui, il n'y a pas d'autres questions (selon moi) qui sont soulevées. 

Reruns est un film d'animation qui nous embarque dans un monde à la fois de rêve et de cauchemar sous-marin qui fascine par son esthétique. Bien qu'un peu tiré par les cheveux, ce court-métrage semble questionner notre rapport au temps et dire que ressasser le passé n'est pas toujours une solution. 

Enfin, Le coléoptère du bout de la rue, est l'histoire d'un homme qui est, selon une prophétie, amené à mourir dans sept jours. Le film met en évidence un trait caractéristique de l'être humain : lorsque l'on fait quelque chose, même involontairement, à l'encontre de ce qui est attendu par les autres, ceux-ci vont dire que c'est notre faute alors que c'est eux qui sont à l'origine des faits critiqués. Toutefois, le manque de rebondissements fait que le film s'essouffle et ne parvient pas entièrement à convaincre.

22h40

Fin de cette séance et retour à la maison. Demain, dernières projections pour moi, sans oublier la cérémonie de clôture.