Host
Festival International du Film Fantastique de Gérardmer - 31/01/2021

Tourné pendant le premier confinement, Host, deuxième long-métrage de Rob Savage, est un film de son temps avec des personnages confinés qui échangent en visio et une évocation légère de la crise sanitaire actuelle. Au vu du peu de moyens mis dans la réalisation de ce long-métrage plutôt court (1h02 avec générique), force est de constater que c'est une bonne surprise. 

 

Six amis engagent un medium pour une séance de spiritisme sur Zoom pendant le confinement. Très vite, la situation dégénère quand ils réalisent qu’ils ont laissé entrer un esprit maléfique chez eux… Survivront-ils à la nuit ?

Encore un film autour d'une séance de spiritisme qui tourne mal et qui, s'y on s'arrête à cette partie du pitch, ne semble pas très original au premier abord. Mais là où Rob Savage est astucieux, c'est en faisant se dérouler la séance via la plateforme de visioconférence Zoom. 

Chaque personnage est devant la caméra de son ordinateur, tous isolés les uns par rapport aux autres ou, disons plutôt les unes par rapport aux autres étant donné que le seul homme qui participe à la séance est très peu présent.

 

Si le début a des allures de documentaire avec les retrouvailles en visio qui nous sont désormais si familières,  la suite bascule lentement mais sûrement vers l'horreur alors que la séance de spiritisme à peine entamée vire au cauchemar. 

Rob Savage emploie des procédés classiques très récurrents dans le genre mais ils restent très efficaces, que ce soit avec les différents objets présents, l'ambiance sonore ou dans la manière de filmer certaines scènes.

 

D'ailleurs, et c'est là un des points positifs, il y a peu de jumpscares et il y a un jeu permanent entre les attentes des spectateurs, voire des personnages. Cela contribue presque à rendre le film plus effrayant et même si le plan final est prévisible, l'attente atteint là son paroxysme. 

Les effets spéciaux sont assez réussis et saisissants. De plus, le fait que l'action soit vue à travers les écrans d'ordinateur permet un travail sur le hors-champ. Cela donne aussi la possibilité d'expérimenter de nouvelles manières de montrer l'esprit en action tout en gardant le spectateur dans une position d'attente, sans révéler grand chose.

 

Ce principe de suggestion fonctionne et permet de renouveler constamment l'intérêt du spectateur qui se demande ce qu'il va se passer et comment les personnages vont pouvoir s'en sortir. 

Ainsi, Host est l'occasion pour Rob Savage de jouer avec les codes du genre pour faire monter la tension petit à petit et c'est un pari réussi pour ce film qui s'adresse aussi bien aux amateurs du genre qu'aux spectateurs non initiés qui voudraient se faire une petite frayeur.