Ip Man 4 : Le dernier combat

30/07/2020

Pour son ultime volet, la saga Ip Man bénéficie d’une sortie sur grand écran en France, l’occasion de voir l’acteur Donnie Yen endosser une dernière fois la tenue du maître Ip Man dans un quatrième film riche en action.

Ip Man se rend aux Etats-Unis à la demande de Bruce Lee afin d'apaiser les tensions entre les maîtres locaux du Kung-fu et son protégé. Il se retrouve très vite impliqué dans un différend raciste entre les forces armées locales et une école d'arts martiaux chinoise établie dans le quartier de Chinatown à San Francisco.

En cet été maigre en films d’action américains, il faut bien avouer que ce Ip Man 4 permet d’avoir sa dose d’action mais aussi de découvrir un autre cinéma encore trop peu montré dans des multiplexes.

Car oui, le film de Wilson Yip offre tout ce qu’un spectateur en quête de divertissement est en droit d’attendre : une œuvre qui raconte une histoire, laisse une belle part à diverses émotions sans jamais délaisser l’un des thèmes principaux, en l’occurrence les arts martiaux chinois et plus spécifiquement ici le Wing chun et sa représentation.

Le scénario est écrit de manière à ce que tout spectateur puisse voir ce quatrième opus sans pour autant avoir à rattraper les trois autres volets. Si les grandes lignes de l’histoire restent relativement prévisibles et que certains accessoires sont mis en avant de manière quasiment ostentatoire afin de bien faire comprendre au spectateur qu’ils vont avoir un rôle à jouer dans la scène, la mise en scène vient effacer ces petits défauts.     

Combinée à une belle photographie, la réalisation de Wilson Yip est une réussite, aussi bien dans les scènes de dialogues que dans les scènes d’action, même si celles-ci jouent beaucoup dans le plaisir de regarder ce film.

En effet, les chorégraphies des combats sont parfaitement exécutées et c’est un joli pied de nez aux combats qu’on retrouve dans certaines grosses productions américaines, où l’action est illisible, qui feraient bien d’en prendre de la graine que ce soit en matière de jeu ou de mise en scène.

Si Ip Man 4 possède quelques touches d’humour bienvenue au cœur de certaines scènes, que ce soit dans les combats ou en dehors, il n’en reste pas moins que le discours de fond sur le racisme aux Etats-Unis envers certaines populations est quant à lui très sérieux.

 

La thématique du combat fonctionne alors comme une métaphore : ce n’est pas qu’un simple affrontement entre ce qui est désigné dans la version française comme le karaté américain et le Kung-fu chinois mais bien un combat de la population chinoise présente aux Etats-Unis qui revendique ses droits et une égalité vis-à-vis de la population américaine.

 

Par ailleurs, cela peut aussi être une manière de parler de cette culture américaine hégémonique, qui prend le pas sur les autres cultures en les empêchant presque de s’exprimer pleinement aussi bien au niveau social qu’artistique.

Ainsi, l’action, l’humour et le sérieux s’entremêlent pour donner un mélange homogène, chose rare dans les productions grand public qu’on retrouve habituellement dans les salles où l’un prend souvent le pas sur les autres et empêche le film de trouver un équilibre.

Et pour accompagner l’image, quoi de mieux qu’une bande originale entraînante et qui met en exergue les actions des personnages ? Le compositeur Kenji Kawai livre ici une musique parfaite qui plonge le spectateur dans l’univers du film et ce dès les premières notes.

Un film d’action aux séquences qui raviront les amateurs de castagnes, voilà ce que propose Wilson Yip dans ce sympathique long-métrage qu’est Ip Man 4 : Le dernier combat