L'Empereur de Paris

Le phénomène du remake ne touche pas seulement les productions américaines. La preuve avec L'Empereur de Paris, nouvelle adaptation de l'histoire d'Eugène-François Vidocq, bagnard qui s'était échappé et qui avait fini par être à la tête de la police au XIXème siècle. Jean-François Richet modernise Vidocq dans cette version 2018 sans toutefois convaincre totalement.

 

François Vidocq, bagnard devenu une véritable légende des bas-fonds parisiens pour ses évasions spectaculaire, est accusé à tort d'un meurtre. Afin de prouver sa bonne foi, il propose ses services à la police. Peu à peu, il prend de l'importance et est même nommé à la tête de la « brigade de sûreté » mais avec ses arrestations des voyous de Paris, Vidocq s'attire les foudres de ses collègues et, surtout, de la pègre.

 

L'Empereur de Paris tient surtout grâce à son casting, brillant et attachant. Vincent Cassel endosse à la perfection le rôle de Vidocq, montré à la fois comme un personnage puissant et vulnérable, ce qui permet de s'attacher à la lui mais aussi de le rendre crédible. Denis Lavant est très bien dans le rôle de Maillard et c'est dommage que le personnage soit si peu exploité, d'autant plus que son attitude n'est pas vraiment adéquate par rapport à la situation et il a un côté plus intrigant que Nathanael, le personnage joué par August Diehl. Certes, Nathanael a tout ce qui caractérise l'antagoniste mais il manque de caractère, il a de la prestance mais il lui manque quelque chose pour convaincre. Olga Kurylenko et Freya Mavor incarnent deux femmes fortes chacune à leur manière. Quant à James Thierrée, c'est lui qui sort le plus son épingle du jeu en donnant aux spectateurs les émotions les plus fortes.

 

Ce sont d'ailleurs les scènes avec James Thierrée qui sont les plus réussies, que ce soit lors de l'attaque de la calèche ou notamment lors de ce moment de bravoure qu'est le combat à l'épée à la fin du film. Ces deux scènes, bien que tragiques, sont belles. D'autres plans au long du film sont réussis visuellement, les effets visuels ne sont pas trop voyants dans la reconstitution du Paris du XIXème siècle, mais ce n'est pas malheureusement pas toujours le cas.

 

Les scènes de combats sont, à de rares exceptions, ratées. D'une part, même si les coups ne sont que rarement portés « pour de vrai » au cinéma, ce film pourrait aisément recevoir la palme des meilleurs coups non portés. La séquence d'introduction en témoigne et cela est toujours visible tout au long du film. D'autre part, la réalisation est brouillonne avec une caméra à l'épaule qui bouge dans tous les sens, rendant la scène illisible.

 

De plus, le scénario est prévisible en de nombreux points et, pour enfoncer le clou, le réalisateur glisse quelques fois des indices visuels explicites dans le champ. Même si tous les spectateurs ne font pas attention à ces détails, il n'empêche que certains s'ennuieront face à une intrigue où tout est couru d'avance. On apprécie tout de même les quelques touches de légèreté qui parsèment le film et sont appréciables au sein de ce film historique sombre.

 

Enfin, la bande originale du film est trop peu présente dans certaines scènes, rendant des face-à-face fades alors que d'autres moments sont, à l'inverse, sublimés par la musique.

 

Jean-François Richet relève le défi de rendre Vidocq toujours aussi attrayant et intrigant en 2018 dans un film historique qui pâtit néanmoins d'une intrigue trop facile et d'une réalisation parfois bancale.