Les Animaux Fantastiques - Les crimes de Grindelwald 

La magie envahit à nouveau les salles obscures avec le deuxième volet de la futur pentalogie des Animaux Fantastiques : Les Crimes de Grindelwald. Mais le monde des sorciers est-il toujours aussi attrayant ?  

1927. Quelques mois après son arrestation, Gellert Grindelwald s'évade et commence à réunir ses partisans en vue de rendre les sorciers de sang pur maîtres du monde. Seul son ami d'autrefois, Albus Dumbledore, semble capable de l'arrêter mais celui-ci doit faire appel à un de ses anciens élèves, Norbert Dragonneau, pour déjouer les plans de Grindelwald. 

Les crimes de Grindelwald est un film de transition et cela se voit. Semblant structuré tel un épisode de série, il a de quoi dérouter le spectateur avec l'introduction de nouveaux personnages, de nouveaux enjeux et de certains nouveaux lieux. Néanmoins, l'enjeu principal est clair (trouver Grindelwald) et les événements qui surviennent avec chaque personnage sont dans une suite logique menant à un climax intense. Le film est donc, en quelque sorte, un montage alterné sur quasiment toute sa durée. 

D'ailleurs, l'insertion de plusieurs flash-backs ne gêne en rien l'intrigue, permettant au contraire de rendre les personnages plus complexes et plus intéressants. Ceci donne lieu à des scènes réussies et possédant une belle esthétique.

Du côté des personnages, le quatuor Eddie Reydmane (Norbert Dragonneau), Katherine Waterston (Tina), Dan Fogler (Jacob) et Alison Sudol (Queenie) est de retour et c'est avec plaisir qu'on les retrouve. Jude Law en Albus Dumbledore charme le public et Johnny Depp, bien qu'il connaisse des déboires depuis quelques temps, dévoile une nouvelle facette de son jeu en incarnant Gellert Grindelwald, livrant ainsi un méchant plutôt réussi. 

Le point fort du film est de proposer une véritable évolution chez la plupart des personnages qui font pour certains des choix étonnants mais très intrigants pour la suite. De plus, basculer dès le deuxième film dans un ton beaucoup plus sombre avec en toile de fond un sorcier réunissant ses adeptes grâce à une idéologie commune, ce qui n'est bien entendu pas sans rappeler la montée du nazisme, est un choix audacieux qui fonctionne. 

La bande originale, une nouvelle fois signée James Newton Howard, contribue à emporter le spectateur dans le film et accompagne juste comme il faut les scènes, comme en témoigne la séquence du Père-Lachaise, l'un des meilleurs passages du film. 

Toutefois, comme son prédécesseur, Les Crimes de Grindelwald pâtit de certains effets spéciaux qui sont beaucoup trop voyants et rendent le tout moins crédible, notamment en ce qui concerne les créatures. Si dans l'ensemble les design des nouveaux animaux sont corrects, une espèce en particulier sort du lot à cause de sa laideur, malheureusement due à des CGI ratées. 

 

L'autre problème du film est de faire du fan-service au risque de devenir incohérent par rapport à l'univers et à s'éloigner de quelques pas de l'intrigue principale. Les références aux autres films sont biens lorsqu'elles sont cohérentes avec l'histoire et peu nombreuses. Ici, certaines auraient pu être mises de côté. 

Les Animaux Fantastiques - Les crimes de Grindelwald est une suite correcte et réussie dans l'ensemble qui se termine sur un début de générique original, prolongeant la magie pendant encore quelques instants. On attend la suite !