Papillon

Nouvelle adaptation du roman autobiographique Papillon de Henri Charrière qui s'apparente surtout à un remake du film de Franklin J. Schaffner avec Steve McQueen et Dustin Hoffman, Papillon de Michael Noer permet de remettre en avant l'histoire de cet homme sans pour autant amener de nouveauté. 

En 1930, Henri Charrière, surnommé "Papillon" est accusé à tort de meurtre et envoyé au bagne en Guyane pour y purger une peine à perpétuité. Durant le voyage vers la Guyane, il fait la connaissance d'un prisonnier du nom de Louis Dega, un riche faussaire. Ensemble, ils mettent au point un plan pour s'évader. 

Si cette version 2018 de Papillon permet aux  jeunes d'aujourd'hui de découvrir cette histoire, le film suit un chemin similaire à son prédécesseur en 1973. Bien sûr, certains passages sont modifiés mais d'autres sont repris tels quel, avec un changement au niveau de la mise en scène si on prend la scène finale par exemple. Ceci vient bien entendu du fait que le roman ainsi que le scénario de Dalton Trumbo et Lorenzo Semple Jr ont été les sources d'inspiration. Pas de surprises donc dans ce film pour ceux qui ont vu le film de 1973. 

La force de Papillon réside dans le duo principal : Charlie Hunnam dans le rôle de Papillon et Rami Malek dans celui de Louis Dega. L'osmose est présente et on s'attache à ces deux êtres, les deux seuls qui semblent encore avoir une réelle empathie au milieu des autres bagnards qui sont pour la plupart de véritables tueurs. 

En parlant de tueur, le film comporte quelques moments violents qui, par leur brutalité, mettent mal à l'aise les spectateurs non habitués à ce type de scènes. Néanmoins, ces passages  sont nécessaires et mettent en scène deux principes : la loi du plus fort et l'instinct de survie, deux principes qui vont être, en quelque sorte, incarné par le duo principal. 

Le film piétine à cause de longueurs et ce ne sont pas les moments les plus calmes qui sont les plus longs. En effet, si certains passages avec des dialogues s'étirent, les séquences où Papillon est à l'isolement se laissent contempler, permettant d'apprécier pleinement le jeu de Charlie Hunnam et de se plonger avec lui dans cet enfer silencieux. 

D'ailleurs, mieux vaut des moments calmes, où le cadreur prend son temps et permet ainsi aux spectateurs de s'imprégner de l'atmosphère, plutôt que des moments d'actions où la réalisation devient brouillonne et les scènes presque illisibles, notamment pendant l'affrontement sur le navire au début du film. 

Sans touche particulière dans la mise en scène et sans grande originalité par rapport au film de Schaffner, Papillon de Michael Noer vaut surtout pour le duo Hunnam/Malek mais ne s'avère absolument pas indispensable.