Premier Contact

Après les incroyables Prisoners et Sicario, Denis Villeneuve s'essaye à la SF avec Premier Contact, qui s'avère être l'une des réussites cinématographiques de l'année. 

 

12 vaisseaux extraterrestres s'installent à différents endroits sur Terre. Louise Banks, une linguiste, est appelée par les forces militaires américaines pour tenter de comprendre les intentions de ces nouveaux arrivants. Mais établir un langage entre les deux mondes s'avère difficile et les messages de l'un pourraient vite prendre un autre sens chez l'autre. La tension monte entre les hommes et les aliens et Louise Banks va devoir trouver un moyen d'établir un contact clair avec les aliens. 

 

Autant le dire d'emblée, Premier Contact est sans doute l'un des meilleurs films de science-fiction du cinéma. Que ce soit dans le fond ou dans la forme, ce film a tout pour séduire et embarque le spectateur dans cette histoire. Le scénario est bien écrit, alternant scènes dramatiques et scènes d'action d'une manière intelligente et réserve quelques surprises. L'utilisation de flash (back ou forward, la réponse est dans le film) est intéressante car elle constitue l'un des fils conducteurs de l'histoire mais le mystère sur ces flashs reste entier jusqu'à la fin, même si des indices sont dispersés un peu partout dans le film. 

 

Au niveau visuel, ce n'est pas une claque avec des couleurs éclatantes et saturées au plus haut point mais une claque par une certaine sobriété qui ressort de chaque plan, il n'y a pas de superflu, même au niveau des vaisseaux, ceux-ci  sont simples et élégants et leur forme sort un peu de l'ordinaire. Il en est de même pour les aliens, les heptapodes, qui peuvent faire penser aux aliens que l'on trouve dans le Monsters de Gareth Edwards. Ceux-ci sont intrigants par leur forme à la fois simple et complexe : ils ont l'air de chair et d'os mais ils sont bien différents des créatures que l'on trouve sur Terre. Le seul bémol est qu'on ne les voit pas vraiment, il manque toujours une partie de leur corps et en ce qui concerne le visage, il aurait pu être intéressant de le dévoiler entièrement. En tout cas, il s'agit d'un beau travail de motion capture.

 

A noter également un excellent travail sur le son. Que ce soit lorsque le point de vue adopté est celui de Louise (le travail du son de l'hélicoptère au début du film) ou lorsqu'il s'agit de la bande originale, il y a tout un travail qui fait que l'on est plongé dans l'ambiance de cet univers. Il n'y a d'ailleurs pas de musique "lourde", au sens de musique type film d'action, excepté à un moment à la fin, lorsqu'il y a eu une rupture par rapport à la situation. 

 

Ce qui va aussi entraîner le spectateur, ce sont ces mouvements de caméra fluides qui vont être présents dans de nombreux plans et être plus ou moins rapides. Il y a toujours une dynamique. Ce sont aussi ces mouvements qui vont créer une certaine intensité, rien qu'en voyant le premier panoramique, le spectateur ressent tout de suite des émotions fortes (dues aussi au sujet évoqué dans cette première séquence). 

 

Ce qui va démarquer ce film, c'est aussi le choix que fait Denis Villeneuve de ne pas faire des scènes de tension comme on a l'habitude de les voir. Cela se voit avec le moment où il y a un décompte sur une bombe : au lieu d'alterner un grand nombre de plans et de trop étirer le temps, il va y avoir un rythme plus lent, avec des plans plus longs et sans musique qui viendrait accentuer la tension. Et pourtant la tension est là, c'est peut-être même plus angoissant car il y a comme un vide, un certain silence hormis les paroles des personnages. C'est avec ce genre de scène que le film se démarque et va accrocher le spectateur. 

 

Le jeu des acteurs, en particulier ceux d'Amy Adams et Jeremy Renner, sont très bons. Ce duo fonctionne bien et la performance d'Amy Adams se rapproche de l'excellence et ses scènes avec la petite fille et l'adolescente sont touchantes. 

 

Premier contact est une des pépites de cette fin d'année et Denis Villeneuve s'affirme comme un grand  réalisateur en passant à un nouveau genre pour lui. Pour sa subtilité et son esthétique, Premier contact est un film à ne pas manquer et deviendra sans doute un classique en matière de science-fiction.