38ème Festival du Film Policier - Reims Polar - Jour 1

28/05/2021

Le 38ème Festival du Film Policier – Reims Polar s’est ouvert ce mercredi, bien évidemment en ligne au vu des conditions actuelles et c’était un début mitigé avec deux films peu convaincants.

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Storia di Vacanze ou des vacances ennuyantes

Pour leur deuxième long-métrage, les frères d’Innocenzo ont décidé de plonger les spectateurs au sein d’une banlieue des environs de Rome où l’on suit la vie de différentes familles dans une histoire vraie inspirée par une histoire fausse.

Storia di Vacanze est un film d’auteur et c’est une proposition de cinéma assez différente de ce que l’on retrouve habituellement dans le polar ou le policier. Ici, hormis une tension omniprésente par rapport à une menace qui planerait sur cette banlieue et à ce qu’il va se passer – et surtout à l’envie qu’il se passe quelque chose – il n’y a pas grand-chose à se mettre sous la dent.

 

Le style de narration particulier, avec ce narrateur et cette histoire inventée, cette « fable » comme l’indique le titre original, repose sur une idée intéressante, avec notamment un lien qui s’établit peu à peu entre le début et la fin, l’ensemble du film est confus. Avec leur intrigue qui avance très lentement, les frères d’Innocenzo peinent à tenir le rythme et donnent parfois l’impression de ne pas savoir où aller.

On saute du coq à l’âne à plusieurs reprises avec des scènes qui s’enchaînent sans qu’il y ait de réelle continuité. Certes, la narration repose sur les écrits d’un journal intime et les événements qui sont décrits dans ce type de carnet ne sont pas toujours liés les uns aux autres mais le fait de vouloir retranscrire cette structure narrative à l’écran peut être déstabilisant pour le spectateur et ne fonctionne pas vraiment ici.

Ceci est renforcé par l’absence de personnages principaux. Même s’ils ont des temps de présence à l’écran qui varient et qui sont plus importants pour certains que pour d’autres, notamment les enfants qui forment le cœur de l’histoire, il s’avère impossible d’éprouver une quelconque empathie pour les personnages qui sont dans l’ensemble fade.

Malgré toute leur bonne volonté et la représentation d’une réalité crue de manière assez brute, les frères d’Innocenzo ne parviennent pas à faire un film aussi percutant et réussi que leur premier long métrage, La terra dell’abbastanza. D’ailleurs, si pour ce dernier une sélection au festival du film policier aurait été justifié, la sélection, en compétition qui plus est, de Storia di Vacanze a de quoi étonner tant le film relève bien plus du drame que du polar ou du policier.  

L'ennemi, quel ennui

Le deuxième vu lors de cette première journée de festival était L’ennemi de Stephan Streker avec notamment Jérémie Renier et Alma Jodorowsky, un polar où Louis Durieux, un politicien, est accusé du meurtre de sa compagne, Maeva Durieux.

Bien que l’intrigue commence plutôt bien, la suite laisse à désirer. Il y a des films dont la lenteur ne gêne en rien le déroulement mais ici, elle est pesante pour le spectateur. Certaines scènes s’étirent, avec des longueurs qui finissent par ennuyer alors qu’une petite touche de musique aurait suffit à rendre ces passages moins fastidieux.  

En effet, l’absence de bande originale dans la plupart des séquences se remarque et même lorsque la musique est présente – en de très rares occasions mais présente tout de même – elle est assourdissante, formant un contrepoint désagréable par rapport au reste du film. Il aurait fallu un juste milieu, avec quelques pointes de musique par-ci, par-là pour donner plus de poids à certaines scènes.

Il reste néanmoins le jeu correct des acteurs, en particulier celui du duo Jérémie Renier et d’Alma Jodorowsky et l’énigme qui forme le fil rouge de l’histoire – qui a tué Maeva Durieux ? – est le seul élément qui parvienne à garder le spectateur un minimum attentif, même si le final ne sera pas à la hauteur des attentes de certains.

S’il ne fallait retenir qu’une chose de ce début de festival, c’est qu’il est bon de tenter de regarder des films sans savoir à quoi s’attendre mais là, même si on ne s’attend pas à grand-chose, il y a un grand risque d’être déçu. Espérons que la suite saura être plus satisfaisante.  

N.B : vous pouvez visionner les films jusqu'à dimanche, 23h59, ici : https://online.festivalfilmpolicier.com/