Robin des bois

Dans la vague des reboots, prequels et sequels je demande Robin des Bois. En cette fin d'année, Otto Bathurst propose aux spectateurs de retourner pendant deux heures aux abords de Sherwood et Notthingham mais au lieu de convaincre, le réalisateur s'est plutôt tiré une flèche dans le pied.

Robin de Loxley, combattant aguerri revenu des croisades, et un chef maure prennent la tête d’une audacieuse révolte contre la corruption des institutions.

Relecture de la légende de Robin des Bois, ce film aurait pu avoir de l'intérêt s'il avait été mieux réfléchi car il est rempli de maladresses aussi bien dans l'écriture que dans la réalisation. En effet, le scénario est bien pauvre en matière de dialogues, avec un humour qui ne fonctionne que deux fois dans le film et des incohérences et absurdités au niveau de l'action. De plus, la fin est décevante au niveau du traitement de certains personnages. 

Qui plus est, le film regorge d'anachronismes. Eh oui, que ce soit en matière de costume, de décors, d'attitude des personnages ou de maquillage, ce Robin des Bois est beaucoup trop moderne pour accrocher et satisfaire les amateurs de l'histoire du célèbre voleur. 

Le film ne brille pas non plus par son visuel, avec des effets visuels très passables et des scènes de combats illisibles la plupart du temps même si certains passages sont corrects avec les ralentis et lorsque le personnage joué par Jamie Foxx est présenté. Hormis cela, peu de trouvailles et d'inventivité dans la réalisation. Otto Bathurst s'inspire d'ailleurs fortement du style de Guy Ritchie, sans réussir à l'égaler. 

Au niveau casting, on retient surtout Ben Mendelsohn qui incarne un bon Shérif de Notthingham, qui n'équivaut quand même pas la prestation d'Alan Rickman dans Robin des bois : Prince des Voleurs (Kevin Reynolds, 1991). Ce méchant aurait tout de même mérité une meilleure écriture. Pour les autres, ils font le job mais il est sûr que Taron Egerton ne sera pas l'image de Robin des Bois qui restera dans les esprits. 

Outre tous ces défauts, une qualité réside dans la bande-originale, signée Joseph Trapanese. Entraînante bien qu'un peu répétitive, elle accompagne parfaitement l'action et le thème principal, plutôt sympathique, reste en tête après la séance. C'est d'ailleurs la seule chose dont on a vraiment envie de se souvenir dans le film est passable et on regrette certains morceaux musicaux en désaccord avec le ton du film. 

Robin des Bois s'avère être une réécriture inutile. Otto Bathurst échoue à donner un nouveau souffle à l'histoire tout en conservant ce qui fait son essence et offre un film d'aventure oubliable.