Après un retour triomphant de la franchise l'année dernière avec Le Réveil de la Force, la saga Star Wars est de retour cette année avec l'interquel (une histoire qui se déroule entre deux films) Rogue One : A Star Wars Story et autant dire que Gareth Edwards signe l'un des meilleurs films de la saga intergalactique. 

 

Jyn Erso, rebelle depuis son plus jeune âge, est chargée par la Résistance de mener une mission extrêmement périlleuse : voler les plans d'une nouvelle arme de destruction créée par l'Empire et qui est sur le point d'être finalisée nommée l'Etoile de la Mort. Avec une poignée d'hommes, Jyn va être confronté au redoutable directeur Orson Krennic et à ses troupes qui espèrent bien en finir avec les Rebelles. 

 

Par son esthétique, ce Rogue One  change de ce qui a déjà pu être vu dans les autres films : tout est parfaitement cadré et le fait d'avoir utilisé des lieux réalistes à la place de fond vert permet de donner un aspect, justement, plus réaliste au film. Que ce soit le lieu d'habitation de la famille Erso, Jedha ou Scarif, tous les décors rendent le film crédible et du coup, le spectateur ne serait pas étonné de sortie de la salle et de voir des stormtroopers ou  des TB-TT dans la rue. La force de ce film repose sur le fait qu'il est très réaliste, même les combats dans l'espace semblent possible et on n'avait pas ressenti ça depuis la première trilogie. 

 

En plus d'être réaliste, Rogue One est sans doute le film le plus humain de la saga car il présente des personnages qui, bien qu'ils soient différents, doivent coopérer et parfois se résoudre à ne pas suivre des ordres. Si on prend Cassian Andor (joué par Diego Luna), il y a un moment où il montre sa part d'humanité lorsque lui et Jyn accompagnés de Chirrut, Baze et de l'excellent droïde K-2SO, sont sur Eadu. C'est un film qui plonge un peu dans la psychologie et qui montre que tout le monde peut faire un choix qui peut tout changer, ici c'est surtout des changements en bien et c'est pourquoi on peut le considérer comme plus "humain" que d'autres films de la saga.

 

Rogue One ne va pas non plus miser sur des scènes d'actions avec des explosions à tout va, comme le début du Réveil de la Force qui est trop dans le surplus. Ici, il y a un choix d'être plus posé, de ne pas avoir une caméra toujours en mouvement au plus près des personnages mais plus éloignée, pour leur laisser un champ d'action plus large. L'affrontement entre Chirrut et les stormtroopers sur Jedha en est un exemple : il y a un léger travelling circulaire qui suit les personnages en plan moyen, l'action n'est pas morcelée et ça donne un combat très bien chorégraphié et intense. Les effets spéciaux font plonger encore plus le spectateur dans l'action et sont utilisés à bon escient. Toutefois, la 3D utilisée pour redonner vie à certains personnages est un peu trop visible et gâche le plaisir de les retrouver. 

 

Mais c'est aussi un film de guerre, les affrontements sont intenses et ne font pas dans la dentelle, que ce soit entre les stormtroopers et les Rebelles ou entre un grand personnage de la saga et d'autres rebelles qui, soit dit en passant, est un des meilleurs instants de la saga malgré son caractère extrêmement violent. 

 

Un des problèmes du film, qui s'explique peut-être par un changement de dernière minute, est la musique. Alors que Le Réveil de la Force apportait de la nouveauté tout en gardant certains aspects des autres films, Rogue One ne marque pas, en tout cas, pas au premier visionnage, par un thème en particulier. Le thème principal de la saga est d'ailleurs repris sous une forme qui n'est pas très intéressante. Néanmoins, la musique accompagne bien l'action mais elle laisse un goût d'inachevé. 

 

Au niveau du casting, Felicity Jones porte bien le film sur ses épaules avec l'aide de Diego Luna et tout deux forment un beau duo que l'on a plaisir à suivre. Donnie Yen (Chirrut)  et Alan Tudyk (K-2SO)se démarque par leurs interprétations et ce sont eux qui vont apporter principalement une petite touche d'humour. Jiang Wen et Riz Ahmed sont un peu plus en retrait mais tout aussi attachant. Mads Mikkelsen et Ben Mendelsohn sont très bon même si on aimerait les voir un peu plus. Quelques retours et caméos plairont aux fans (dont des retour de très, très loin pour certains). 

 

Rogue One est marqué par la patte de Gareth Edwards, présentant une certaine lenteur par moment, un peu comme dans un des précédents films du réalisateur Monsters et donnant à voir un monde réaliste qui fera retomber le spectateur dans la magie de la première trilogie. Peut-être pas le meilleur Star Wars, L'Empire contre-attaque étant tout de même le film le plus fort émotionnellement et visuellement, mais un excellent film qui nous embarque dans cette galaxie lointaine, très lointaine. La Force est avec Rogue One

Rogue One - A Star Wars Story