Sam was here

Présenté hors-compétition au Festival International du Fim Fantastique de Gérardmer, Sam was here, premier film de Christophe Deroo, est un bon petit film fantastique et d'horreur qui laisse néanmoins sur sa fin et laisse beaucoup (trop) de mystères non élucidés 

 

Sam, un représentant de commerce, cherche des clients dans le désert californien mais il ne rencontre personne, ne peut joindre personne et sa seule compagnie est une radio qui diffuse étrangement toujours la même émission d'un certain Eddy. Ce mystérieux Eddy demande aux auditeurs de lui fournir des informations sur un tueur d'enfants en fuite et va même jusqu'à les encourager à ne lui laisser aucune chance s'ils le croisent. Très vite, Sam se rend compte qu'il est pris pour ce tueur et se retrouve traqué.

 

Le scénario de Sam was here est intéressant au sens où il ouvre plusieurs pistes au spectateur mais qui restent malheureusement trop ouvertes pour que l'on puisse s'y retrouver. On peut en venir à penser que le film est construit sur une double temporalité (le personnage se remémore-t-il quelque chose en entendant le présentateur radio ?) et ce sont surtout les derniers plans du films qui peuvent inviter à penser ça car on n'arrive plus très bien à situer à quel moment ça se passe, si on a affaire à un montage parallèle ou s'il s'agit d'un montage avec flash-backs. En d'autres termes, le montage est-il vraiment linéaire ? 

 

Du coup, le spectateur se perd complètement sur la fin et c'est dommage car on aimerait en savoir davantage sur cette histoire. Prenons l'exemple de cette lumière rouge présente tout au long du film et plus spécifiquement quand Sam se met à tuer pour sauver sa peau. Agit-il consciemment ou est-il guidé par une force "maléfique"? Que symbolise cette lumière ? Outre le fait que cela donne une certaine esthétique aux plans et leur confère une dimension fantastique, on ne saisit pas bien son intérêt. 

 

On peut souligner le travail de montage qui, accompagné de musique ou, par moment, silencieux, donne un rythme soutenu au film qui ne s'étire pas et qui fait que l'on est pris dans le film jusqu'à la fin. 

 

Il y a certains moments prévisibles, des indices peuvent être donnés dans le décor ou alors on peut s'appuyer sur les codes du genre donc il n'y a pas vraiment de surprises à certains instants mais la tension s'installe dans l'esprit du spectateur. On sait ce qu'il va se passer mais on se demande comment ça va se passer, si le personnage va s'en sortir, ce qui en fait un bon film au niveau de la montée de la tension. 

 

Les courses-poursuites sont bien réalisées, on est pris dans le rythme et dans le montage qui va, d'une certaine manière, épouser le rythme de Sam, ce qui permet d'adopter vraiment son point de vue et de se sentir plus proche de ce personnage.

 

Dans un sens, le spectateur, qui adopte ce point de vue est donc aussi perdu que le personnage, ce qui est une bonne idée de mise en scène mais on en voit quand même plus que lui, on va dans des lieux où il ne va pas et du coup, on se retrouve encore plus perdu que le personnage lui-même. 

 

Sam was here, qui peut d'ailleurs rappeler Southbound, présenté à Gérardmer en 2016 avec le désert et toujours la même voix à la radio, est un bon film qui est bien dans le fantastique et l'horreur mais avec tous les mystères qui entourent les personnages, leur vie, les lieux...le spectateur se perd et peut se sentir frustré de ne pas connaître plus exactement certains points de l'intrigue.