Sea Fever

07/02/2020

Après avoir réalisé plusieurs courts-métrages et épisodes de séries, Neasa Hardiman s’essaye au long-métrage avec Sea Fever, un premier film envoûtant dont elle signe le scénario et la réalisation.

Siobhán, étudiante en biologie marine, doit passer quelques jours sur un chalutier mais les autres membres de l’équipage font tout pour l’éviter. Alors qu’ils sont au beau milieu de la mer, ils se retrouvent bloqués par une étrange créature marine et comme si cela ne suffisait pas, une infection commence à se répandre à bord.

Sea Fever s’apparente à un film de genre d’auteur au sens où le grand spectacle et les scènes d’horreur extrapolées sont mises de côté au profit d’une mise en scène plus réaliste et intimiste. Ici, pas d'effusion de sang, ni de jumpscares à tout-va, la réalisatrice donne à voir le strict minimum pour apporter quelques sensations au spectateur. On en vient à regretter que la créature marine ne soit pas plus présente à l'écran.

L'aspect "film d'auteur" se ressent d'autant plus avec le rythme du film, qui est marqué par une forme de lenteur tout au long du métrage. Cela permet au spectateur de mieux s'attacher aux personnages, qui sont d'ailleurs tous assez bien écrits, chacun ayant une histoire particulière qui trouve sa place dans la narration

D'ailleurs, si les premières minutes ont du mal à embarquer et que plusieurs scènes sont convenues d'avance, Hardiman parvient tout de même à faire douter voire à surprendre le spectateur dans la deuxième moitié du film, en particulier vers la fin. 

Le tout est accompagnée par une bande originale signée Christoffer Franzén. Même si la musique est peu présente, il y a tout de même quelques beaux thèmes, notamment à la fin du film.

Sea Fever est un film qui tend vers l’onirisme à certains moments avant de redevenir un drame fantastique et qui vaut le détour essentiellement pour son approche du genre.