Stupid Things

Premier long-métrage du réalisateur Amman Abbasi, Stupid Things, bien qu'ayant quelques bons moments, peine parfois à sortir de scènes bruyantes et tumultueuses qui le rendent vite épuisant .

 

Dayveon, 13 ans, vit dans une petite ville en Arkansas. Alors que son frère vient d'être tué, Dayveon est attiré par un gang et souhaite en faire partie, ce qui n'est pas de l'avis de ses proches. 

 

La plongée dans l'Amérique que propose Abbasi avec Stupid Things est au départ un bon point mais très vite, elle se révèle un peu bancale et aurait pu être plus appréciable si le spectateur avait le temps de s'intégrer à cet univers particulier. Là, on entre directement dans la vie de Dayveon et des gangs sans qu'on ait une minute pour souffler et le brouhaha pénible de certaines scènes vient vite à bout de la patience du spectateur. 

 

On a l'impression que Stupid Things n'est pas un film mais un condensé de plusieurs petits films qui résumerait la vie de Dayveon, à certains moments ça fonctionne mais parfois, on a l'impression qu'il manque quelque chose, notamment des informations sur les personnages et leurs aventures. Ce manque donne malheureusement une impression d'inachevé. 

 

L'évolution du personnage suit une logique et on a une histoire qui tient la route mais qui reste un peu trop prévisible. Par ailleurs, il est assez difficile de ressentir un attachement pour les personnages tant on a une sensation de vide et de distance par rapport à eux, on ne parvient pas vraiment à s'immerger avec eux dans l'histoire même si le jeu des acteurs est correct. 

 

Il y a néanmoins quelques bonnes idées dans Stupid Things, notamment dans la mise en scène et dans le découpage. Aussi, la violence n'est pas donnée à voir de manière trop brute, que ce soit dans les actions des personnages ou même dans la photographie. En effet, les couleurs ne sont pas entièrement désaturés, ni tristes mais plutôt dans un entre-deux qui balance entre la dureté des gangs et la vie de tous les jours, qui n'est pas montrée avec des couleurs vives pour autant car c'est le reflet d'une société qui semble vivre un peu à part au sens où tout semble assez vide et sans contact avec les alentours.   

 

Amman Abbasi livre avec Stupid Things un film où l'on trouve quelques bonnes idées, mais qui ne parvient pas à emporter complètement le spectateur dans l'histoire et laisse un goût d'inachevé.