The Guilty

Avec The Guilty, Gustav Möller montre à quel point le son a une importance capitale dans une oeuvre cinématographique dans un film original qui ne convainc pas totalement. 

Asger Holm, un policier qui officie dans les locaux du 112, reçoit un appel d'une jeune femme qui vient d'être kidnappée mais la ligne est coupée. Holm va tout faire pour que le nécessaire soit fait pour sauver la jeune femme. 

Ce huit-clos danois qui s'appuie sur le son est un exercice réussi par le réalisateur. En effet, bien que certains passages s'étirent un peu trop, le travail sonore permet de donner au film un caractère unique. Chaque spectateur se crée ses propres images et, dans un certain sens, son propre film en choisissant de visualiser l'action selon un point de vue particulier, ce qui fait que ce film aura autant de "versions" qu'il y aura de spectateurs. 

Si la caméra se focalise sur le personnage d'Asger, interprété avec brio par Jakob Cedergren, le son achève de placer le spectateur à la place du personnage. On entend ce qu'il entend, on voit ce qu'il voit, ni plus, ni moins, ce qui permet d'ailleurs de se sentir proche du personnage selon ce qu'il se passe et des émotions alors ressenties. Toutefois, ce personnage est mystérieux et même s'y on s'identifie à lui à certains moments, d'autres passages nous éloignent un peu de lui. 

Le scénario vaut surtout pour sa double-histoire et sur "le coupable" du titre. Un problème se pose en effet avec toute l'attention qui est apportée au son car si le spectateur fait de même alors la fin se verra en partie dévoilé dès le milieu du film. Dommage de ne pas avoir travaillé plus subtilement un passage du scénario qui aurait laissé planer le doute jusqu'à la fin. 

Toutefois, The Guilty n'en est pas moins intéressant dans sa forme et propose quelque chose d'un peu différent de ce qui a pu être vu dans Phone Game ou Buried, prouvant par ailleurs que les américains ne sont pas les seuls à être doués en terme de huit-clos. 

Certains rapprocheront The Guilty de la série française Calls de Timothée Hochet qui est entièrement composée d'extraits sonores, sans images. Ici, on peut faire de même et se contenter écouter le film, bien que cela empêcherait de savourer le jeu de Cedergren. 

Thriller original, The Guilty de Gustav Möller montre que le cinéma danois à de quoi s'imposer à l'échelle internationale. Il ne reste plus qu'à créer un peu plus de surprise pour que l'engouement soit total.