Vivarium

Le réalisateur irlandais Lorcan Finnegan embarque le spectateur dans un univers décalé avec son deuxième film Vivarium, un trip cauchemardesque pour les personnages et déroutant pour les spectateurs.

À la recherche de leur première maison, un jeune couple effectue une visite en compagnie d'un mystérieux agent immobilier et se retrouve pris au piège dans un étrange lotissement...

 

Vivarium est un film de genres, au pluriel, au sens où il réunit de la comédie, du drame, du fantastique et de l'horreur ainsi qu'un soupçon d'onirisme. Le tout s'accorde bien et le ton comique bascule de façon logique et en douceur vers un ton plus sombre alors que les personnages poursuivent, d'une certaine manière, leur descente aux enfers. L'atmosphère glauque, l'inquiétante-étrangeté du lotissement ainsi que de l'agent immobilier,  se trouve ainsi bien instaurée. 

Le duo Imogen Potts et Jesse Eisenberg fonctionne très bien et on ne peut s'empêcher de s'attacher à leurs personnages, Gemma et Tom. Il y a en effet un véritable lien qui se crée au fur et à mesure du film entre eux et les spectateurs : certaines émotions et réactions sont similaires, pas toutes fort heureusement même si on ressent également de l'épuisement face à l'enfant.

Cela ne veut pas dire qu'il y a un problème par rapport à ce personnage. Au contraire, on ne peut que souligner la belle performance de Senan Jennings dans le rôle de cette tête à claques agaçante à souhait. Le jeu sur la voix de ce personnage, une voix d'adulte dans un corps d'enfant, contribue d'ailleurs au sentiment de malaise qui s'instaure petit à petit.

Bien évidemment, on peut regretter que l'introduction apporte (trop) d'indices par rapport au dénouement. De ce fait, même si le spectateur peut avoir des doutes sur ce qu’il va se passer et se retrouve par moment complètement perdu, à l'instar de Tom et Gemma, il n'y a vraiment de surprise à la fin. 

Par ailleurs, c'est dommage que certains aspects du film ne soit pas plus exploités, notamment dans la deuxième moitié du film où plusieurs éléments mystérieux voire complètement absurdes arrivent et ne trouveront jamais d'explication. Cependant, l'un de ces éléments permet au réalisateur de réinventer, d'une certaine manière, le voyage dans le temps, ce qui donne lieu à l'une des meilleures séquences du film. Le travail sur les couleurs et les plans sont réussis qui hypnotisent le spectateur et l'empêche de détourner le regard.

Vivarium est un film qui nous parle de la vie, même si, comme le souligne Lorcan Finnegan dans cette interview, il n'est pas à prendre au pied de la lettre. Et si l'un des points négatifs du film porte sur la non-révélation de certains éléments, cela semble participer à l'un des messages qui peut émerger du film : peut-être qu'il est préférable de rester dans l'ignorance plutôt que de chercher toute sa vie l'inatteignable, à savoir la vie parfaite, dans une maison parfaite avec une famille parfaite que tout le monde aimerait voir se réaliser